2/3 – Le médium à peindre absolu

Une nouvelle marque artisanale française m’a demandé de tester sa gamme inédite de peinture à l’huile et ses additifs, dans le but de publier mes impressions et résultats sur ce blog – La Peinture Française m’a donc fait parvenir quelques couleurs et un médium à peindre directement à l’atelier. Je soumets ces produits à mes propres tests et en toute autonomie. Aucune contrainte ne m’a été imposée, aucune rémunération ne vient compromettre l’impartialité fondamentale de Technique de peinture.com. 

Sous forme d’une série de 3 articles, consacrons tour à tour de l’attention aux couleurs, puis au médium, et enfin, aux couleurs fluos !

Alors que l’épisode 1 concernait les couleurs à l’huile en tube qualité Grand Maître, à découvrir par icice nouvel épisode est consacré au médium à peindre de La Peinture Francaise nommé L’Absolu. Ce produit est le résultat de recherches menées sur les médiums anciens, à partir notamment des recettes des maîtres hollandais et de Vincent Van Gogh , il permet de retrouver la superbe qualité technique d’antan avec également l’excellent état de conservation dont ces oeuvres font preuve encore de nos jours ; une absence d’embus, des couleurs chatoyantes et très peu de craquelures même en pâte épaisse.

Design

La forme et l’allure de ce contenant sont tout autant insolites qu’esthétiques. Sous ses airs rétro ou vintage, le plastique dont est composée la bouteille la rend plus légère et originale que les flacons en verre habituels. En revanche, j’ignore si le plastique est plus résistant au choc que le verre (en cas de chute sur un carrelage par exemple), à vrai dire, je n’ai pas voulu tester…

Quant au système de fermeture, le bouchon à vis en métal évite ce fameux bouchon de sécurité si souvent difficile à ouvrir, présent d’ordinaire sur tous les flacons de médiums et solvant pour l’huile. Ici, en plus d’être pratique, ce bouchon noir associé à la teinte ambre du médium et aux courbes équilibrées du flacon, rend l’allure général très élégante.

Consistance/texture

Cette teinte « ambrée » suppose la présence d’huile cuite et/ou de résine (térébenthine de Venise peut-être ?). Bien que visiblement grasse et résineuse, ce médium s’avère finalement fluide et non collant, d’une grande légèreté. Une douce odeur aux arômes naturelles s’y dégage, rendant ce médium d’autant plus attrayant, attention toutefois de ne pas oublier d’aérer l’atelier ou le lieu de travail.

Utilisation

Il est le médium le plus facile à utiliser, à ma connaissance, puisqu’il s’utilise pur, aucune dilution nécessaire. Alors que les couleurs pures sont quasi impossibles à utiliser tant la pâte est collante (voir l’article), en mélange avec le médium elles deviennent fluides, onctueuses et transparentes, sans avoir à se soucier des proportions. Idéal donc pour créer des glacis facilement et efficacement, surtout en mélange avec les couleurs « qualité grands maîtres » proposées par La Peinture Française qui sont déjà composées dans ce but.  Sur la photo ci-contre, la couleur bleu outremer clair est diluée à gauche uniquement à l’essence de térébenthine, et à droite avec le médium. La différence est visible, le mélange avec le médium est plus profond et les traces de pinceaux se dissipent.

Respect des teintes

Etant donné sa couleur ambrée, la question du jaunissement des couleurs claires est légitime. En mélange avec le blanc, un léger réchauffement de cette teinte est à prévoir, une subtilité qui se perçoit peu sur le moment mais à surveiller avec le temps…  Mise à part cette subtilité concernant le blanc pur, aucune modification des teintes n’est perçue.

Siccativité

Etant donné la tixotropie des couleurs, le mélange avec le médium rend la pâte fluide tant qu’elle est travaillée, mais dès lors que le travail est arrêté son durcissement est très rapide. Il faut compter seulement quelques heures pour que la pâte durcisse. Mes tests de couleur étaient déjà en train de sécher alors que je n’avais même pas encore terminé, en à peine 1h les glacis fins et légers ont commencé à siccativer. Cette rapidité due à la forte présence de résine, rappelle d’une certaine manière le médium alkyde Liquin, qui permet alors des reprises successives sans avoir à se soucier de la règle du gras sur maigre. Pouvoir faire fi de cette règle chimique liée à la mécanique des matériaux est juste géniale ! Cette simplicité est véritablement un gain de temps et d’énergie.

Conclusion

D’un emploi si facile et efficace que ce médium s’utilise durant toutes les étapes du processus de création, de l’ébauche jusqu’aux glacis, sans avoir à se soucier de la règle du gras sur maigre puisque la siccativation est naturellement très rapide. Même s’il reste efficace avec n’importe quelle  marque de couleurs à l’huile, son rendu est optimal en mélange avec les couleurs de son fabricants, fonctionnant vraiment par complémentarité. Ce médium nommé à juste titre « L’Absolu » va sans aucun doute ravir bon nombre de peintre à l’huile !

Les –

  • Jaunit (très légèrement) les blancs
  • Sa rapidité de séchage – ne permet pas les reprises

Les +

  • Son design élégant allie tradition et modernité
  • Idéal pour les glacis
  • Crée une pâte émaillée digne de Van Eyck
  • Sa rapidité de séchage – superposition de couches sans avoir à respecter la règle du gras sur maigre
  • Son rapport qualité/prix – 12,90€ les 250ml.

Liens directs :

La Peinture Francaise

Le magasin en ligne – le e-shop

 

Episode 1 – Des couleurs flamboyantes

Episode 3 – Des couleurs à l’huile fluos insolites !

 

8 commentaires sur “2/3 – Le médium à peindre absolu

  1. clement, le

    bonjour, j’espere que vous ne nettoyer pas vos pinceaux dans le lavabo , car sinon vous envoyer du plomb dans les rivieres et dans la mer , car les stations depurations si il y en a narreterons pas le plomb de lhuile noire.. merci.

    moi je stock mon eau sale pour la donner en decheterrie , rayon produit toxique . merci pour elle

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  2. Wilfrid, le

    J’aimerais bien savoir ce qu’il y a la dedans. Je ne vois vraiment pas comment On peu ne pas tenir un minimum comptes de la règle du gras sur maigre ( et je sais que celle-ci est complex et permet pas mal de choses surtout avec les vernis , l’huile cuite et les émulsions) mais là faut m’expliquer. J’aimerais avoir un peu plus d’info le moyens utiliser pour réaliser cette prouesse technique défiant les règles de bases de la chimie des huiles. Merci

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    • Amandine Gilles, le

      Bonjour Wilfrid, sur le contenant il est écrit « Composition : Huiles végétales, résines naturelles, essence de térébenthine et autres solvants d’origine naturelle.« . Nous savons qu’ils se sont inspirés des recettes des maîtres anciens, j’en déduis que peut-être ce médium se compose d’huile noire et de résine mastic, formant alors un film étanche – donc plus de problème de gras sur maigre puisque que chaque couche durcit rapidement et devient étanche.

  3. Thierry Moutard-Martin, le

    Merci pour cette revue impartiale qui nous change des tests sponsorisés. Juste une petite question : qu’en est-il du nettoyage des pinceaux derrière ce médium ? Est-ce qu’on peut y aller juste à l’eau chaude et au savon comme avec une huile cuite, ou est-ce qu’il faut forcément de l’essence ou du white spirit? (Si oui, lequel ?) Pour ceux qui n’aiment pas trop les solvants entêtants, ça a son importance.

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    • Amandine Gilles, le

      Bonjour, le nettoyage se fait comme à l’ordinaire. J’ai nettoyé mes pinceaux à l’eau tiède et au savon et cela a très bien fonctionné. Merci pour votre message !

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