Le Liquin, un médium alkyde

Liquin, appellation donnée par Winsor&Newton, appelé aussi Fluid ‘n dry (ou Flow’n dry) chez Sennelier, ou encore Médium Alkyde pour les autres. Tous ces médiums pour peinture à l’huile diluables à l’essence sont similaires car ils se composent de résine alkyde. Peu importe le nom que le fabricant leur donne, la présence de l’alkyde leur fournira des caractéristiques semblables.

Origine et composition

Le mot alkyde est formé par la contraction du mot allemand Alkool et Acide. L’alkyde est une résine synthétique de type polyester. Le polyester est le résultat d’un mélange d’acide o-phtalique, d’acide d’huile siccative (en général huile de lin) et de glycérine. D’où le nom de certaines peintures murales diluables à l’essence : les peintures glycérophtaliques.

Les peintures artistiques aux résines alkydes sont utilisées depuis les années 1950. « On les appelait parfois au début peintures à l’huile modernes, pour ne pas employer les termes alkyde ou glycérophtaliques et vaincre une certaine réticence des utilisateurs qui restaient fidèles aux peintures à l’huile traditionnelles » André Béguin, Dictionnaire Technique de la peinture.

Comme toutes les peintures et vernis composés d’huiles siccatives (huile de lin, d’oeillette ou de carthame), les peintures et médiums aux résines alkydes durcissent au contact de l’air. Mais pour une histoire de molécules que je n’expliquerai pas, le durcissement est encore plus rapide et moins jaunissant.

Le médium à peindre à base d’alkyde est proposé sous forme de gel à déposer directement sur la palette, offrant plus de consistance à la pâte, ou bien sous forme liquide à verser dans un godet facilitant alors les détails. Il s’utilise de la même manière qu’un médium à peindre ordinaire, la proportion à mélanger à la couleur dépend de la consistance souhaitée.

Caractéristiques

  • Amélioration de la souplesse, de l’onctuosité, ce qui facilite l’application de la peinture
  • Amélioration de la dureté et de la résistance à l’humidité
  • Peu ou pas de jaunissement
  • Bonne adhérence
  • Rapidité de séchage grâce au solvant qui s’évapore et à la résine qui durcit. Séchage en 5h environ (prévoir plus en pâte épaisse).
  • Aspect souvent mat après séchage

Avantages et inconvénients

Le fait que le temps de séchage devienne si court peut être un avantage comme un inconvénient pour l’artiste :

L’avantage est de pouvoir réaliser de nouvelles couches ou des repentirs dans un laps de temps incroyablement court (24h en général), excluant alors la règle du gras sur maigre devenant alors inutile, ou de pouvoir transporter ses oeuvres rapidement après leur achèvement.

En revanche, l’inconvénient est de devoir travailler rapidement car le temps va manquer au peintre qui aime « retravailler » sa couche picturale.

A savoir toutefois que la résine alkyde n’offre ni le velouté satiné de l’huile, ni la plasticité de l’acrylique. Elle a ses caractéristiques propres. C’est pourquoi les peintures à base d’alkyde (Griffin par Winsor&Newton) sont une catégorie de peinture à part.

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13 commentaires sur “Le Liquin, un médium alkyde

  1. raymond SANCHEZ, le

    Bonjour Amandine, comment allez vous, j’utilise ce medium depuis des années et, en ce qui me concerne c’est top.
    j’adore vos articles explicatifs, vous êtes très pédagogue et , vos explications, sont d’une précision chirurgicale,
    Merci pour ces infos supplémentaires, car lorsque je faisais des recherches à son sujet, il m’était impossible d’en trouver d’aussi précises et aujourd’hui encore. C’est le premier article aussi détaillé que je lis sur ce sujet. BRAVO.
    Artistiquement Raymond.

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    • Amandine Gilles, le

      A priori l’ajout d’huile à l’alkyde est compatible, mais sans réel interêt… L’huile va faire perdre le séchage rapide à l’alkyde, sa qualité première.

    • Amandine Gilles, le

      Si c’est l’odeur de la résine alkyde qui vous pose problème, alors ca devrait être le cas pour toutes les marques. Et il n’existe pas d’alkyde sans odeur…

  2. AVRIL Patrick, le

    Ah !
    Enfin des explications suffisamment détaillées et utiles qui démystifient l’usage de l’alkyde.

    Je me suis récemment risqué à en utiliser grâce quelques avares conseils glanés ici et là : je devais livrer un tableau dans un délai assez court et le résultat a été probant.
    Les effets que vous décrivez sont tout a fait exacts. En particulier le fait que l’on ne peut plus peindre dans le frais si on attend 24 h.
    J’ai refais une tentative sans difficultés particulières pour un portrait, en mettant très peu de médium.
    J’ai toutefois rencontré au final des problèmes de brillance variable sur la surface de la toile ; un vernis mat pulvérisé a parfaitement unifié le tout.

    Merci pour votre apport technique et en particulier la question des équivalences entre les différents fabricants (qui pourraient laisser penser que Pierre est différent et bien meilleur que Jacques … et qui égare l’artiste qui a la tête dans les nuages).

    Dernier point ; , j’ai hérité d’un stock de tubes de peintures alkydes (assez rare à trouver semble-t-il) que je gardais précieusement sans trop savoir comment les utiliser, faute de conseils. Maintenant que je sais que ce n’est « que  » de la glycéro…..

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    • Philippe MORIN, le

      Bonjour Amandine,

      Votre article sur le médium Alkyde m’apporte les indications nécessaires qu’il me fallait, car son emploi est tout nouveau pour moi.

      En effet, je veux l’essayer à la place du médium que j’emploie habituellement, depuis de nombreuses années, à base d’huile de lin Standolie. Question de climat, là où je travaille, influant sur le temps de séchage.

      Merci et félicitations pour votre blog d’art instructif, précis et très agréable.

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