Savez-vous ce qu’est le Sfumato ?

Voilà encore un terme italien. Après l’article précédent sur le tratteggio, nous abordons ici le fameux Sfumato, qui se traduit par « enfumé ». On peut comprendre que le terme italien soit préféré au français…

Le sfumato caractérise cette manière de peindre enveloppant les sujets d’une ambiance vaporeuse, d’où le rapport à la notion de fumée. Dans la pratique, c’est par l’abolition des contours du sujet, donnant alors un air imprécis, que l’on obtient cette ambiance vaporeuse.

Le grand maître en la matière est incontestablement Léonard de Vinci, il est celui qui a poussé le sfumato à son paroxysme à travers notamment La Joconde !  Qui est devenue à l’occasion la peinture emblématique de cette manière de peindre. A bien y regarder toutes les couleurs se fondent les unes dans les autres en de subtils dégradés. Comme si la peinture avait été légèrement estompée. Ce résultat est obtenu du fait que les contours des formes et des couleurs sont imprécis, il n’y a pas ou presque pas de bordures nettes dans cette peinture, y compris les bordures extérieures du sujet comme le sommet du crâne par exemple. Bien sur, l’endroit où le sfumato est le plus flagrant se trouve dans le traitement du visage. D’où cette impression de douceur.

Mais Léonard de Vinci n’est pas le seul dans l’histoire de l’art à maîtriser cette technique. D’autres peintres comme Le Corrège, Titien, Pierre-Paul Prud’hon ou encore Andréa Del Sarto en sont également les dignes représentants. Mais aucunes oeuvres ne parvient à détrôner l’excellence de la Joconde…

Jeune Femme par Andréa Del Sarto – 1528

 

Techniquement, le sfumato s’obtient par, nous l’avons compris, l’imprécision des contours. Cela se traduit alors par une succession de glacis, des couches fines et transparentes. Cette superposition crée une texture lisse résultant sur une impression de douceur. Ce modelé doux combiné à un clair-obscur est le meilleur moyen pour rendre le volume le plus naturellement possible au travers d’un effet quelque peu dramatique. Les vidéastes et photographes sont habitués de ces mises en scènes, qui au final ne sont en réalité qu’un jeu de lumière.

La Joconde est composée de pas moins d’une vingtaine de couches de glaçis, superposées sur une période de plus de 3 ans, et dont certaines sont d’une extêmes finesse, 1 millième de millimètre ! De ce fait, la surface ne présente absolument aucune trace de pinceau.

Certes, le génie de Léonard est exceptionnel, mais sinon pour le reste de l’humanité et des peintres plus particulièrement, Raphaël  préconise 3 couches, qui suffisent pour être efficaces.

2 commentaires sur “Savez-vous ce qu’est le Sfumato ?

  1. cottard, le

    Merci pour ces précisions sur les glacis et contours vaporeux.Les œuvres de Turner me semblent aussi appartenir à cet ensemble de techniques.Je me trompe peut-être.Il est très difficile à imiter malgré les apparences .

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  2. Etienne, le

    Merci Amandine de nous présenter le Sfumato.

    Cette technique m’a toujours fasciné à cause de son rendu un peu onirique !

    Je pense qu’une ambiance vaporeuse à certains endroits, (pas partout…) permet au spectateur de rentrer plus facilement dans le tableau et aussi de se l’approprier.

    Comme les contours ne sont pas clairement définis, il y a « de la place » pour l’imagination et chacun peut vivre (même inconsciemment) une sotre d’interprétation personnelle. Peut-être est-ce là aussi un facteur de succès ?

    En tout cas c’est précisément ce procédé qui permet de donner à la Joconde son célèbre et énigmatique sourire (en plus du talent du maître bien-sûr).

    Mais pour nous, la réalisation semble être longue et fastidieuse. N’est-ce pas ?
    Je n’aurais jamais la patience d’attendre 3 ans entre les couches de glacis !
    D’autant plus qu’à l’aérographe, c’est exactement le genre d’effet qu’on obtient instantanément 🙂

    Encore merci !

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