Les 10 choses à savoir sur le métier d’artiste-peintre

Et oui c’est bien un métier ! Etre artiste-peintre est bien plus qu’une simple activité de loisir, c’est un métier, une passion, un vrai art de vivre. Cela nécessite de nombreuses compétences et aptitudes afin de pouvoir se retirer un salaire. Certains les ont naturellement, d’autres doivent travailler davantage. Comme dans tous les domaines, la motivation, la qualité du travail et l’audace font parties des éléments indispensables. Voici la liste (non exhaustive) des principales aptitudes que requiert le métier d’artiste-peintre.

1. Etre audacieux ! Il en faut du courage pour passer outre les préjugés et oser faire ce qu’un grand nombre ose à peine penser. La chance sourit aux audacieux dit-on. Etre artiste signifie faire des concessions, des sacrifices, savoir prendre des risques, avoir un mode de vie et un mode de pensée singuliers afin de proposer un autre regard sur le monde. C’est un choix de vie mais aussi un combat de tous les jours, confronté à l’inconfort, aux critiques et aux doutes, mais ce choix vaut le coup car il est motivé par la foi qui est la plus belle qualité d’un artiste.

2. Etre multitâche ! En plus de connaître et de maîtriser son art, il faut également être créatif, comptable, secrétaire, commercial, coach, publicitaire, webmaster, et aussi faire du marketing, du management et du relationnel. Pour devenir artiste professionnel, il faut savoir se débrouiller et être aussi réactif et créatif qu’un chef d’entreprise. Il ne suffit pas juste de créer, il faut aussi savoir présenter son travail, constituer des dossiers, gérer l’administratif, répondre à des demandes, trouver des clients, etc…

3. Avoir un bon apprentissage ! Créer c’est bien, mais si c’est de qualité c’est mieux ! Qui dit apprentissage ne dit pas forcément Ecole agréée par l’état. Peu importe votre âge, il est possible de se lancer à tout moment de la vie. L’avantage du milieu artistique c’est que vous êtes jugés sur votre talent et vos compétences, et non sur vos diplômes et expériences. Il existe d’autres alternatives à l’école des Beaux-arts : les ateliers privés, les ateliers d’artistes, les stages, les livres de référence, également la pratique, la curiosité et la connaissance de l’histoire de l’art. Etudier le travail de ceux qui ont réussi, l’étude des grands maîtres à travers leur Oeuvre, leur vie, et la copie de leur travail reste la meilleure des formations.

4. Avoir quelque chose à exprimer ! L’Art est l’unique langage universel. L’excellence technique n’est pas suffisante pour réussir, il faut aussi avoir une émotion ou un message à transmettre et à exprimer. L’art devient Art quand l’âme est atteinte.

Atelier d'Horace Vernet
Atelier d’Horace Vernet

5. Se nourrir d’art ! C’est inévitable, il faut nourrir son âme, son cœur et son esprit. Une personne riche intellectuellement, spirituellement ou émotionnellement aura bien évidemment plus de choses à transmettre, à exprimer et à partager. Sa vision du monde n’en sera que plus intéressante car un point de vue personnel pourra être proposé.  L’inspiration se trouve partout : les livres, le cinéma, les musées, les expositions, les conférences, les voyages, la science, l’actualité, les relations humaines, la nature, etc…

6. Montrer son travail ! Il n’y a pas de secret, si vous voulez vendre et vous faire repérer, il faut montrer son travail et se créer un réseau. Les possibilités sont nombreuses mais cela nécessite de l’engagement : De nombreux concours officiels de peinture ont lieu, en France, en Belgique et dans le monde entier, les retombées sont souvent très grandes ; Se créer un stock puis présenter son travail aux galeries qui pourraient être potentiellement intéressées ; Communiquer, sortir dans le but de se créer des contacts, les clients et professionnels de l’art sont partout ; Et internet. Il est difficile de vendre une oeuvre d’art par internet, par contre c’est un moyen efficace pour se faire connaître.

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Henri Fantin-Latour – L’Atelier des Batignolles

7. Ne jamais baisser les bras ! Dans ce parcours, des échecs et des déceptions seront forcément rencontrées, mais la défaite doit être vue comme quelque chose de constructif et bénéfique. Lorsqu’on apprend de ses erreurs, la persévérance finit par payer, car dès lors vous ne cessez d’évoluer.

8. Peindre ! On ne peut pas être artiste peintre si on ne peint pas, c’est une évidence. Chacun crée à son rythme certes, mais si vous réalisez une seule toile par an, alors elle a tout intérêt à être extraordinaire. Pour maîtriser son art, rien de plus efficace que la pratique, la pratique et encore la pratique, combinée toujours avec la curiosité et la découverte.

9. La solitude, une nécessité. Il ne faut pas craindre la solitude quand on est artiste, c’est un état important. Cela permet de se concentrer, de se recentrer, de prendre du recul, la solitude permet alors la réflexion et la création. De longues heures passées dans l’atelier à créer ou à étudier pendant que le monde tourne autour de soi…

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Autoportrait de Thomas Hovenden dans son atelier – 1875

10. Savoir faire la différence entre l’Art et le commerce. L’art est un don de soi, le commerce est une transaction mercantile. Un artiste peint ce qu’il est ou ce qu’il perçoit, il ne peint pas dans l’unique but de plaire aux potentiels acheteurs. Si vous êtes un vrai artiste, alors créez de l’art, ne vendez pas des tapis*.

Brancusi - Colonne sans fin
Brancusi – Colonne sans fin

 * « Etre marchand de tapis » : Expression familière qui signifie « négocier pour de petites sommes ».

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20 thoughts on “Les 10 choses à savoir sur le métier d’artiste-peintre

  1. bonjour,
    Article tres intéressant. je peins et dessine depuis des années sans en tirer profit. (un métier qui me plaisait et qui me prenait passion jusqu’a la retraite) Je ne suis jamais posé toutes ces question. mais votre article m’a amené à reconsidérer ce qui est un passe temps depuis des dizaines d’années.
    Bravo pour cette remise en questionque l’on peut se soumettre dans cette passion.
    très cordialement.

  2. Bonjour, merci pour cet article. Je suis dans ce cas de figure, je suis actuellement directeur artistique de mon agence de communication et je suis à un stade où je vends un nombre intéressant de tableaux exclusivement par Internet. Je vous invite à découvrir mon univers coloré.

  3. Les 10 ‘ »choses » à savoir … Derrière ce titre qui sonne comme une recette de cuisine, une opération commerciale, la promotion d’un livre. Je n’aime pas cette orientation donnée à l’art. Car après tout on peut faire de l’art pour l’art ! Être peintre est rarement synonyme d’être riche ! Oú alors à titre posthume…. Selon moi être un peintre abouti ne signifie pas que l’on vive de son art. Ceux qui vivent de la peinture tiennent rarement le pinceau. Par contre je peux promettre à ceux et celles qui s’intéressent à la peinture qu’ils vont changer de regard, affiner leurs perceptions visuelles et tactiles. Et l’odeur de la peinture dans l’atelier… Vous n’aurez plus assez de murs pour porter vos œuvres ! Vos créations envahirons vos rêves, parceque « créer, c’est déjà rêver « . Après le rêve il y a la réalisation et les meilleures techniques sont celles que vous inventerez, celles qui vous seront propres et que tout le monde vous enviera jusqu’à les copier à leu tour. Alors ce jour-là en vérité vous pourrez dire que vous êtes un peintre reconnu (ce qui ne fera néanmoins pas de vous un peintre rémunéré !). Bon courage !

    1. Bonjour, merci de nous faire partager votre point-de-vue, les échanges sont toujours intéressants et constructifs. W. Kandinsky expose parfaitement cette notion de « l’art pour l’art » dans son Spirituel dans l’art. Pour ma part je suis plus en accord avec sa vision des choses quant à ce sujet, pardonnez-moi. On peut comme vous le dites faire de l’art pour l’art, mais c’est justement cette pratique qui a amené l’image fantasmatique du peintre de bohème « sans le sou ». Je serais fort étonnée que tous les grands maîtres de la peinture occidentale à travers les âges tels que Botticelli, Leonard de Vinci, Rembrandt, Michel-Ange, Masaccio, David, Delacroix, Rubens, Van Eyck, Van der Weyden, Ingres, Klimt, et la liste est interminable… soient en accord également avec ce principe. C’est justement là la différence entre l’activité de loisir qui consiste avant tout à se faire plaisir, et le réel métier faisant preuve d’un savoir-faire et d’une qualité de résultat. Absolument aucun des maîtres cités ici n’a vécu dans la misère. Leur Art et sa maîtrise étaient reconnus aux yeux de tous et personne n’en rougissait, ni le créateur ni l’acquéreur. La discutable révolution picturale du XIXe siècle à Paris a crée ce fantasme de l’artiste dramatico-romantique, stéréotype encore diffusé largement aujourd’hui. Toutefois, mon article et mon livre que vous mentionnez ne sont pas art, ils parlent d’art tout simplement. Mon but est de diffuser des informations et de tenter de revaloriser le véritable métier d’artiste-peintre, celui-ci qui se rapproche de l’artisanat d’art, celui qui nécessite un savoir-faire ancestral, une expérience, des compétences singulières. Et je vous l’affirme, si vous avez tous ces critères, alors oui vous avez le droit d’être payé pour votre travail. Un artiste de talent qui crée des œuvres de qualité ne doit pas avoir honte de gagner sa vie comme tout un chacun. Bonne continuation !

      1. Van Gogh, Monet, Gauguin, Vermeer, Modigliani, … seraient très intéressés par votre point de vue Amandine.
        Il est assez « intéressant » de voir que vous rapprochez des peintres qui bien entendu ont très bien vécus semble-t-il (les commandes ne sont peut-être pas à mettre toujours au même niveau que les œuvres que l’on apprécie aujourd’hui) d’un savoir-faire ancestral, de l’artisanat qui a priori indique plutôt un vie modeste. Ne serait-ce pas une image « fantasmatique » du métier ?
        Pour être « professionnel », ne faut-il pas être « amateur » avant ? Par allez plus loin, c’est votre approche, finalement sans concession, qui génère un marché de l’art ubuesque où les prix atteignent des sommets pour des toiles qui peuvent être d’un intérêt très très relatif. Donc oui à l’art pour l’art, oui au plaisir, pour soi, pour les autres et tant mieux si cela permet à certains d’en vivre mais de grâce, arrêtons ce snobisme autours d’une peinture où l’essentiel du travail intellectuel est fait par le galeriste pour proposer un discours marketé pour la vente…

        1. Bonjour Michel, nous sommes bien d’accords, l’article ne traite en aucun cas de l’art contemporain « où l’essentiel du travail intellectuel est fait par le galeriste pour proposer un discours marketé pour la vente… » selon vos termes ; mais bien d’un art pictural proche de l’artisanat par l’excellence du travail de la main, d’une peinture qui peut marquer non pas son époque ou par effet de mode mais plutôt marquer l’Histoire et digne d’entrer non pas dans une galerie mais dans un musée. Voici le fond du propos.
          Mettre la globalité des pratiques picturales dans le même panier (amateurisme, loisirs, professionnalisme, tradition) revient à sa décrédibilisation et donc à sa perte.

  4. Je peins à temps perdu et cela me passionne. Par contre le doute me prend parfois la tête. Mon père m’a offert de bien jolis mots pour m’aider. Je les partage car ils sont vrais, puissants et réconfortants.

     » Il faut faire de l’art pour de l’art sans trop se questionner.Il faut en cueillir le plus beau fruit,le plaisir de créer !  »
    – Mon Papa

    Au plaisir de vous voir visiter et aimer ma page MCDuval. Arts (FB).

  5. Bonjour,

    Merci encore de nous rappeler les vraies raisons qui nous poussent à peindre. Je vous rejoins sur tous les points et surtout sur le dernier. Je suis artiste peintre et je n’ai pour seul but de donner aux personnes qui veulent recevoir mes toiles. Qui veulent un autre regard sur la vie, une autre sensibilité. Qui souhaitent être réveillés par ma peinture, s’ouvrir à un autre monde.
    Il est vrai que d’évaluer ses oeuvres c’est compliqué. Mais il n’en reste pas moins difficile de justifier ce que nous peignons et le pourquoi nous le faisons. A ce jour et après une longue réflexion sur moi et la peinture j’ai enfin compris que ma seule et unique pensée était de peindre pour l’autre. Alors, je ne cache plus et je n’ai plus aucune crainte du mépris ou bien des critiques. Elles me sont utiles pour avancer vers le meilleur et surtout pour répondre au mieux à celles et à ceux qui aiment mon style, mon écriture picturale.
    Je rêve d’un monde où les humains s’ouvrent et oublient que l’unique n’a pas de prix.
    Ce n’est pas utopique puisque c’est un rêve…
    Alors, à ceux qui ont compris que le chemin de la vraie vie c’est de s’ouvrir et d’écouter sa sensibilité je dis : « Il n’y a pas plus belle âme que celle qui se laisse guider sur le fleuve de l’Art. L’un des plus grand que le monde est porté en son ventre. »
    Cordialement,

  6. Merci infiniment pour ces précieux propos qui rejoignent tout à fait mon point de vue. Personnellement le travail reste le maître mot de toute personne qui se présente comme artiste.
    Mais toutes les choses expliquées sont très réelles. A l’occasion puis-je les citer ?
    De plus « brader » ses peintures n’est pas non plus à faire (réf. au marchand de tapis! 😉 ce qui veut dire laisser dévaloriser son travail, qui pour ceux qui ne comprennent pas cet art, comparent cela à ce que l’on peut trouver justement à des prix insignifiants, réalisés à la chaîne et je ne sais où !
    Bonne journée.

  7. Bonjour Amandine,
    j’aime bien l’expression que tu utilises: « L’art devient Art quand l’âme est atteinte », ça me parle beaucoup…
    Est-ce de toi ? Pourrais-je te citer à l’occasion ?
    Je trouve précisément qu’aujourd’hui l’art contemporain est dénué d’âme, il ne touche d’ailleurs que trop rarement la mienne.
    Je me rends compte en te lisant que c’est peut être pour ça que j’ai du mal à attribuer à certaines œuvres le qualificatif : Art
    Personnellement je pense aussi que l’Art n’est pleinement lui même que quand il se fait le reflet de quelque chose de plus grand que lui même, de plus grand que nous même…
    Merci pour ta réflexion sur le méritoire métier d’artiste peintre.
    A bientôt

    1. Merci beaucoup pour ton message, je suis ravie que nous partagions le même point-de-vue. Cette citation est bien de moi, quel honneur qu’elle soit prise pour référence 🙂
      Voici un événement qui vient de se produire à Art Basel, il ne va que conforter ton opinion sur la crédibilité de l’art contemporain : http://www.lefigaro.fr/arts-expositions/2015/12/07/03015-20151207ARTFIG00130-elle-poignarde-une-femme-le-public-croit-a-une-performance-artistique.php

      1. Oui, en effet, les faits sont parlants. On voit à quel point créer une œuvre engage notre responsabilité auprès du public, cela n’a rien d’anodin. En tout cas, on a tout intérêt à donner le meilleur de soi pour éviter se genre de confusion.

  8. J’ai eu plaisir à vous lire, moi, qui suis « un touche à tout-à-tout » en terme de peinture, j’ai encore à apprendre, sur bien des sujets. Je suis un loup solitaire, je garde près de moi, mes œuvres, je n’ose pas m’aventurer dans des expositions et rencontrer (peut être) le monde. En fait, je peins ce que j’ai envie, sans me soucier du monde extérieur, ma seule publicité est mon enseigne et ma voix. M’écoute qui veut, mais souvent les gens ne regarde pas mes toiles, il les survolent, et parlent d’autres choses ou d’un autre peintre (?). Je suis un autodidacte, mes professeurs sont, mon don, ma façon de voir les choses et de les aimer, mes envies aux tremblements de mes doigts. J’apprends encore maintenant en vous lisant, en regardant. Ma palette n’a pas la même composition que les vôtres, mes couleurs sont un ressenti perpétuel, sans aucun éventail, étalé sur le bois. Je survole de temps à autre vos conseils et vos différents sujets. J’y reviendrai, c’est promis. LM.

  9. Merci pour cet article. Mais la fin est un peu décevante. Le monde du tapis est un monde d’artiste, de personnes d’une certaine sensibilité et ce n’est pas donné à tout le monde de vendre un tapis. Donc je n’apprécie pas l’expression péjorative utilisée. Il ne faut pas parler de ce que l’on ne connait pas.

    1. Bonjour, effectivement vous avez entièrement raison, je suis d’accord avec vous. Cependant je n’ai absolument aucun mépris envers les vendeurs de tapis, sachez-le. Chaque métier a sa sensibilité c’est certain, mais c’est l’expression usuelle et familière que j’ai utilisé ici. « Etre marchand de tapis » signifie selon l’expression « négocier pour de petites sommes ». Veuillez m’excuser si cela vous a offensé, mais ce n’est qu’une expression courante et populaire. http://www.languefrancaise.net/bob/detail.php?id=37720

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