Un atelier d’artiste idéal en 10 points !

Parce qu’un artiste a besoin d’inspiration, son atelier doit être propice à la création.

Les conditions dans lesquelles travaillent les peintres varient autant que les sujets traités. Chacun aménage son espace de travail, ou plutôt son espace de vie, comme il l’entend bien évidemment… Mais pour que la créativité soit libérée et optimisée, voici l’environnement idéal :

1.  Une pièce aérée ou ventilée : Certaines peintures et auxiliaires tels que les vernis, médiums et solvants dégagent des vapeurs toxiques. L’utilisation de la peinture à l’huile est la pire de toutes les techniques pour cette raison. Mais peu importe avec quoi vous peignez, il est essentiel de pouvoir ouvrir la fenêtre régulièrement afin de re-oxygéner la pièce, non seulement votre organisme vous dit merci, mais les œuvres aussi car elles sécheront ou durciront mieux.

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2.   Une lumière omniprésente : Qu’elle soit naturelle, provenant directement des rayons du soleil à travers une large fenêtre, ou bien artificielle par des spots et des lampes, la lumière est indispensable. Le mieux reste bien sur la lumière naturelle, les couleurs apparaissent ainsi justes pour l’œil. Malheureusement il arrive parfois qu’il fasse nuit… et l’hiver encore plus, la présence de lampes devient alors bien utile. Mais attention, ces lampes et spots doivent être pourvus d’ampoules à lumière blanche, ces fameuses ampoules « Daylight« . Les ampoules classiques fournissent une lumière jaune qui modifient les teintes, il va donc y avoir une différence de rendu une fois l’oeuvre exposée à la lumière naturelle. Évitons les mauvaises surprises  🙂 .

3.   Un lavabo à proximité : C’est un élément auquel on ne pense pas automatiquement, pourtant il est hyper pratique d’avoir un lavabo dans un atelier. On peut non seulement se laver les mains et nettoyer son matériel quand bon nous semble, mais on a aussi toujours de quoi remplacer son eau usée. En effet, si vous peignez à l’aquarelle ou acrylique, mieux vaut changer régulièrement son pot d’eau, travailler avec de l’eau propre permet de garder les teintes pures.

4.   Pour les très grands formats : Une pièce spacieuse est bien évidemment de rigueur. Et si elle est désencombrée, c’est encore mieux. Compte tenu du format, vous n’avez d’autres choix que de poser le support au sol ou le long d’un mur, et pour continuer de se mouvoir librement, vous avez tout intérêt à créer de l’espace dans cette pièce. De plus, il est très important de prendre un peu de recul sur son oeuvre afin d’en avoir une vision globale, et si votre œil est perturbé ou influencé par un environnement riche en détail, l’évaluation de votre peinture risque alors d’être faussée.

Claude Monnet
Claude Monnet

5.   Pour les grands et moyens formats : Un chevalet sur pied est adéquate ! Vous êtes parallèle au support, debout, la distance entre vous et votre oeuvre permet aussi bien de prendre de la distance et avoir une vision globale, que de se rapprocher et réaliser des détails. Le corps humain n’étant pas une machine, des tabourets d’ateliers pourront soulager vos jambes et votre dos. Ces tabourets typiques pour ateliers sont très pratiques car ils sont sur roulettes avec une assise ajustable, il suffit simplement de régler la hauteur selon le format du tableau. Après le chevalet et éventuellement le tabouret, la desserte est un autre élément fort pratique, ou bien à défaut une table, car il faut bien poser son matériel quelque part. J’ai une préférence pour la desserte sur roulette car il est facile de la bouger même pleine de matériel.

Frida Kahlo dans son atelier
Frida Kahlo

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6.   Pour les petits formats : Un chevalet de table est fortement conseillé. Le format a beau être petit, le poser à plat sur une table peut modifier la vision globale à cause de la perspective. C’est pourquoi mieux vaut avoir son visage parallèle au tableau et centré. De plus, peindre ou dessiner sur un chevalet de table permet de garder le dos bien droit. Etre courbé ou penché n’a jamais été très bon sur le long terme. Un tabouret d’atelier est là encore utile puisqu’il est réglable selon la hauteur de la table et du chevalet. A savoir que la bonne hauteur est quand votre visage est face au centre du tableau. Cela évite les déformations suite à la vision en plongé ou contre-plongé.

7.   Du matériel : Pinceaux, couleurs, chiffons, diluant, supports, palette, que serait un peintre sans peinture?! Alors forcément, meilleure est la qualité, meilleur sera le rendu. Bien entendu, la qualité d’une oeuvre ne dépend pas uniquement des matériaux utilisés, la maîtrise technique en est pour beaucoup. Pour bien choisir son matériel parmi tout ce qui est proposé dans les commerces spécialisés, mieux vaut être averti, cliquez sur ces liens pour apprendre à faire les bons choix : Les pinceaux, les couleurs, les gammes de peinture, les supports.

8.   Du matériel propre et accessible : Les poussières sont l’ennemi numéro 1 des peintures, elles sont toujours présentes et s’incrustent partout, c’est terrible ! Elles sont inévitables, c’est une fatalité certes, en revanche il est possible de minimiser le risque d’incrustation de ces poussières dans la pâte picturale en protégeant son matériel. Comme par exemple ranger ses pinceaux dans une boite, mettre son matériel dans des placards, et nettoyer ses supports avant de commencer. Il faut toutefois que le matériel soit facilement accessible afin d’avoir tout à portée de main rapidement, il ne faudrait pas que l’éclair de génie qui vous frappe subitement s’échappe sans laisser de trace !

Pablo Picasso
Pablo Picasso

9.   Du confort : L’atelier est non seulement un espace de travail, mais il est aussi un espace de vie et surtout un espace dédié à la création. Musique, livres, fauteuil, cafetière, faites-vous plaisir en installant ce qui vous fait du bien. Entre deux séances de peintures ou en faisant des pauses de temps en temps, il est essentiel de se ressourcer afin de récupérer ou de fournir une nouvelle énergie, celle qui vous pousse à créer.

Roy Lichtenstein dans son atelier
Roy Lichtenstein

10.   Des cimaises : Dernier élément, les cimaises ! Ce système de fixation murale va permettre d’accrocher vos œuvres où bon vous semble, et de changer les tableaux régulièrement sans avoir à transformer son mur en gruyère. A l’instar des galeries, les cimaises ont aussi leur place au sein des ateliers d’artistes. Elles offrent une meilleure visibilité des œuvres ainsi qu’une meilleure conservation, en plus d’être protégées des chocs, les peintures à l’huile auront un durcissement (« séchage ») plus régulier.

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11 thoughts on “Un atelier d’artiste idéal en 10 points !

  1. Bonjour,
    Peignant principalement à l’huile, je suis à la recherche d’une solution pour aérer ma petite pièce d’atelier (qui se trouve dans mon appartement). Malgré le fait que je travaille la fenêtre ouverte et que j’aère régulièrement, les odeurs sont tenaces, et vu la toxicité des produits, je crains pour mes bronches et celles de mon entourage. Auriez-vous éventuellement des suggestions concernant des appareils d’extraction d’air? J’en ai vu beaucoup, à des prix très différents, et je me demande ce qu’il serait éventuellement judicieux d’installer pour que la nuisance diminue. Auriez-vous un avis ou des conseils en la matière?
    Bien cordialement.

    1. Bonjour, ces appareils peuvent être éventuellement une solution mais avant d’envisager cette installation assez conséquente, avez-vous mis vos solvants et produits de peinture dans un espace fermé? Les essences et médiums sont à déposer dans des placards, coffre, buffet ou quelconque meuble de rangement, limitant ainsi leur évaporation continue dans la pièce de vie. La 2e solution concerne vos œuvres peintes à l’huile, plus elles sont placées dans un courant d’air, moins leur évaporation sera gênante.
      Cordialement

      1. Merci de votre réponse.
        Je peux suivre votre conseil en terme de rangement des produits (chose que je fais déjà en partie, mais pas aussi rigoureusement que ce que vous proposez), mais malheureusement, ma pièce d’atelier est petite (10m2 tout au plus) et il y a peu de possibilité d’aération, le courant d’air n’était pas quelque chose que je peux obtenir, à moins d’ouvrir la porte de l’atelier, mais là c’est tout l’appartement qui est envahi d’odeurs… D’où mon idée d’une installation pour extraire l’air de la pièce. Je sais que l’installation est plutôt coûteuse, mais j’ai l’impression à ce stade que c’est à peu près la seule solution viable à long terme, surtout dans les périodes où je peins beaucoup. Il serait évidemment bien plus confortable par rapport à ces aspects d’avoir un atelier hors de la maison, mais ce n’est pas une chose qui est dans mes moyens. Je vous réitère donc ma question : parmi les différentes installations possibles (j’ai vu qu’il existe différentes sortes d’installations), avez-vous une suggestion ou un avis quant à celui qui serait ‘suffisant’ pour une petite pièce ? Je sais que la question est très technique… Des entreprises existent qui s’occupent de ce genre de problèmes, mais je crains qu’elles ne me proposent quelque chose de démesuré par rapport à mes besoins, d’où mon intérêt pour récolter des avis sur la question avant de me lancer de tels frais.
        Cordialement.

        1. Désolée pour le délai.
          Peut-être une simple ventilation suffit à aérer correctement la pièce de manière permanente comme dans une salle de bain, avec un système comme celui-ci : https://www.brico.be/fr/tips/sanitary/ventilation . Un fichier PDF est téléchargeable gratuitement avec les explications nécessaires.
          Sinon, les restaurateurs de tableaux notamment emploient des kit d’extraction des odeurs et des fumées avec bras amovibles, tels que ceux-là : http://www.nederman.fr/produits/extraction-arms/bench-top-fume-and-odor-extraction-arms/bench-top-fume-and-odor-extraction-kits
          Le kit 2000 est celui conseillé par le magasin Sennelier au sein de son catalogue (compter entre 1800 et 2000€).
          Cordialement

          1. Un grand merci pour votre réponse. Oui, c’est bien à quelque chose qui va dans le sens de la deuxième solution à laquelle je pensais. Il est vrai que ça semble assez conséquent comme investissement, et peut-être excessif pour un atelier à domicile… En même temps, comme j’utilise facilement certains matériaux qui se dissolvent à la térébenthine, et que celle-ci est vraiment très entêtante, j’ai pensé à ça. J’ai notamment une prédilection pour le bitume de Judée, que j’aime beaucoup utiliser… Le reste du temps, j’évite la térébenthine pour cette raison-là, ayant jeté mon dévolu sur le white spirit sans odeur, qui n’est pas moins toxique, mais quand même nettement moins incommodant au niveau des odeurs. J’ai la chance d’avoir un conjoints et des voisins très bienveillants pour mes explorations artistiques, mais je ne veux pas tirer sur la corde de leur tolérance, et comme je n’imagine pas renoncer à l’huile, je cherche toutes sortes de solutions pour que ce soit le moins gênant possible pour tout le monde… Il faudrait d’ailleurs peut-être que je me renseigne davantage sur les solvants que j’utilise, et les alternatives à la térébenthine. Le white spirite me semble utilisable pour ‘laver’ (notamment mes pinceaux), mais j’ai l’impression que ce n’est pas génial pour faire les vernis. Il faut dire que je ne travaille pas avec des tubes, mais directement avec des pigments que je mélange moi-même, et je ‘fabrique’ tout dans mon petit laboratoire casanier. Ceci pour vous donner le contexte de toute ma réflexion… En tout cas, un grand merci pour votre réponse. Et si vous avez quelques idées ou conseils en suite à tout ce que je viens d’écrire, je les recevrai avec grand intérêt!
            Cordialement.

  2. PS : si un jour je gagne au loto je peindrai des grand formats, je rêve d’un grand atelier avec *le grand luxe* une pièce vide 100% consacrée à la création !

  3. J’aimerais bien pouvoir aménager mon atelier de la sorte, mais bon, il faut etre bien installé, avec un loyer dans mes prix, je dois me contenter d’un grenier mal éclairé qui est aussi ma pièce personnelle – pour le lavabo à portée de main, j’en reve ! mais j’habite une mini maison, pas un appart, pour le lavabo il faut descendre, ou alors monter des seaux ! – par contre je prends note pour la lumière ! je dessine dans un petit dressing pourvu d’une lucarne qui ne s’ouvre pas (j’ai bricolé un double vitrage sinon c’est intenable en hiver), par contre j’ai un peu plus de place dans le reste de la pièce qui est pourvu d’une fenetre, mais bien trop sombre pour peindre. Je note aussi pour les boites pour ranger les pinceaux. Comme je ne peins pas à l’huile (trop cher et je ne supporte pas l’odeur du diluant, ça seche assez vite pour pouvoir protéger avec un drap) Pas question pur moi d’utiliser un chevalet de table dans l’endroit éclairé, la lumière serait verticale et je n’ai pas la place de mettre une table ailleurs, j’utilise un plan incliné amovible, du coup.
    Quant au matériel, je n’ai pas encore trouvé comment ranger au mieux pour que ce soit à la fois esthétique et simple à utiliser, la peinture demande une organisation qui me stresse énormément, aussi la plupart du temps je me contente de dessiner…
    j’ajoutai que si on dispose de vraiment peu de place ou qu’on doit pouvoir se déplacer d’une pièce à l’autre pour des raisons d’espace et de lumière, une table pliante est vraiment pratique.

  4. Bonjour, Merci pour cette organisation professionnelle à propos de l’atelier. Cette lecture a été, en fait, une petite révision pour moi et m’invite à apprécier le mien. Finalement, il est à jour dans beaucoup de domaines…
    Bonne journée et bonness créationss.

  5. Bonjour,

    Je serais ravi de lire une petite lettre sur la technique et le matériel requis pour réaliser de la peinture à la cire comme le fait Philippe Cognée…… et félicitation pour ce blog si sympathique et bien conçu !
    Bien Cordialement,
    Denis Richard

    1. Très bien, je prends note de votre demande! La peinture à la cire est une pratique qui se perd peu à peu, pourtant elle donne effectivement de très beaux résultats.
      Merci à vous. Cordialement

    2. Bonjour Denis, ma réponse est un peu tardive, mais mieux vaut tard que jamais comme le dit l’expression.
      Philippe Cognée emploie de la peinture à la cire d’abeille, l’encaustique de son vrai nom. Les pains de couleurs deviennent rares dans le commerce de nos jours, mieux vaut apprendre à les fabriquer soi-même. Voici une vidéo qui l’explique : https://www.youtube.com/watch?v=62SX4f1v7KU
      Le médium que la démonstratrice utilise est simplement un mélange de cire d’abeille et de résine Damar. Il est en vente dans les magasins spécialisés. Il suffit alors de le chauffer puis une fois liquide, le mélanger avec le pigment. Plus la quantité de pigment est importante, plus la couleur sera opaque. Il faut ensuite la verser dans un moule pour qu’une fois refroidie, la couleur forme un bloc.
      Pour l’utiliser, ce bloc de couleur devra être réchauffé (en partie seulement, sur la tranche par exemple) pour qu’il se transforme en peinture liquide et puisse être enfin appliqué sur le support à votre guise.
      Tout comme les chefs cuisiniers, les artistes connus gardent leur processus technique secret… donc la technique exacte de Philippe Cognée vous sera communiquée que par lui-même! Cependant voici un extrait d’article intéressant : « Philippe Cognée utilise une peinture à l’encaustique faite de cire d’abeille et de pigments de couleur. Il recouvre sa toile peinte d’un film plastique sur lequel un fer à repasser chauffe la cire pour la liquéfier, étalant et déformant les formes, créant un enfouissement trouble du sujet dans la matière. » (Extrait de
      Merci encore à vous !
      Cordialement

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