Les médiums pour peinture à l’huile : Explications et utilisations

Il existe une très grande quantité de produits associés à la peinture à l’huile, tels que les huiles bien évidemment, les médiums, les siccatifs ainsi que les solvants. Et bien souvent il est difficile d’obtenir des explications claires et précises quant à leurs utilisations et leurs descriptions. Voici quelques informations de base :

Vidéo tournée par :

 Qu’est-ce qu’un médium à peindre?

L’emploi d’un médium n’est pas obligatoire, l’utilisation de la peinture directement sortie du tube peut être efficace si elle est de qualité, bien entendu. Pour preuve les peintures de Van Gogh, celui-ci n’utilisait pas d’additifs et ses toiles sont encore très bien conservées aujourd’hui. La raison à ce très bon état de conservation est due à sa technique alla prima qui a permis un durcissement homogène et régulier. Toutefois, si vous peignez de manière plus traditionnelle, c’est-à-dire en plusieurs couches, il est fortement recommandé d’utiliser un médium.

Pourquoi cela ? Diluer sa peinture avec de l’essence (térébenthine ou White spirit) c’est l’appauvrir. La couleur va perdre de son éclat et de sa brillance du fait de la dispersion des pigments. Alors qu’au contraire le médium en augmente la qualité grâce notamment à la résine qu’il contient. Voici ses rôles :

  • Faciliter le travail de précision en fluidifiant la pâte.
  • Réguler le durcissement de la pâte, par conséquent éviter les craquelures.
  • Protéger les pigments en les enrobant avec de la résine, et donc favoriser une meilleure conservation.
Médium à peindre

Médium à peindre

Auparavant les peintres fabriquaient eux-même ces additifs au sein de leur atelier, aujourd’hui le monde moderne a ses avantages puisqu’ils sont déjà proposés prêts-à-l’emploi dans de bonnes qualités. Certains sont liquides à utiliser dans un godet, d’autres sont en gel à déposer sur la palette.


Médium à peindreComme il est expliqué dans la vidéo, les « médiums à peindre » basiques sont fabriqués à partir de résine qui permettent d’augmenter la brillance des couleurs à l’huile, les fluidifier et les rendre plus transparentes. Ils améliorent la qualité de la peinture en exploitant son potentiel.


Comment utiliser un médium?

Les couleurs pures à l’intérieur des tubes ne sont composées que de pigments et d’huile siccative, la peinture est donc grasse et difficile à utiliser surtout pour le travail en couche fine et précise. En plus de faciliter l’application des couleurs, le médium va les embellir. Il se mélange directement aux couleurs sur la palette ou sur le support, dans des proportions à adapter selon l’effet désiré. Pour fluidifier le médium, il suffit de le diluer avec de l’essence de térébenthine. Plus la proportion de médium dans l’essence est grande, plus gras sera le mélange. Attention, car trop dilué les couleurs deviendront ternes et cassantes.

Bon à savoir !

L’utilisation d’un quelconque médium ne doit pas déroger à la règle du gras sur maigre! C’est chimique, il faut toujours que la couche supérieure soit plus grasse que la précédente. C’est la proportion essence/huile qui détermine si un produit est gras ou maigre. Si vous peignez en plusieurs couches, commencez par un « jus » fortement dilué à l’essence par exemple, puis superposez en diminuant la proportion à chaque fois. Les couches supérieures sont peintes avec le médium pur.

Comme le disait feu le site Dotapea : Travailler maigre au début permet d’éviter un « marécage oléagineux » par la suite !

33 commentaires sur “Les médiums pour peinture à l’huile : Explications et utilisations

  1. bonte, le

    Je voudrais connaitre les proportions pour réaliser un médium moi-même (avec huile de lin – térébenthine et siccatif). je suis débutante et j’aimerais ne pas peindre avec seulement les couleurs sortant du tube.
    Merci – Annie

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    • Amandine Gilles, le

      Bonjour Annie, il existe autant de recettes que de peintre, un peu comme pour les cuisiniers. Cependant la présence de résine est indispensable dans votre mélange. Un mélange composé uniquement d’huile et de térébenthine n’est pas un médium, contrairement à tout ce que l’on peut lire sur le net, c’est simplement du liant dilué… Augmenter la quantité d’huile ne fera que retarder la siccativité. Hors l’interêt d’un médium est d’enrichir les propriétés de la pâte picturale, en la rendant plus onctueuse, plus brillante et plus rapide à sécher. La résine est dès lors indispensable (résine dammar ou copal). Voici un lien qui explique très bien tout ça : http://kaizengallery.com/blog/comment-fabriquer-son-medium-pour-peindre-a-lhuile/?wppa-occur=1&wppa-album=34&wppa-photo=904
      Le plus simple est encore d’acheter des vernis prêts à l’emploi du commerce. Il en existe suffisamment pour que vous en trouviez un qui correspond à vos attentes. Merci à vous !

  2. Joanne Gosselin, le

    Que je suis contente d’avoir vu votre site aujourd’hui, que de réponses à mes questions. Cela fait quelques années que je ne peins plus, j’aimais ma toile une fois finie puis après elle perdaient tout leur éclat. J’ai essayé de me documenter pour comprendre mais je n’ai rien trouvé qui répondait à mes questions. Je travaillais plus à la prima mais le problème que je rencontrais était que les tubes n’ont pas tous la même onctuosité et pourtant je me suis tourné à la ultra fine. J’ai suivi un cours aux beaux arts 3 ans mais c’était un cours très mal fait où on nous laissait expérimenter divers sujet, genre faire un acrylique sur la symétrie. On ne nous montrait pas comment utiliser les médiums soit acrylique, huile aquarelle etc… Il me semble que cela aurait dû être la base plus le dessin avant de demander à un élève de produire une oeuvre.
    Je voulais recommencer aujourd’hui et c’est en me posant une question que je suis tombé sur ce site, merci de partager vos compétences

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  3. de La Brosse, le

    Bonjour pouvez vous m’aider.. J’ai en ma possession un litre de medium gras et un autre de medium maigre fabriqués à partir d’un vernis de base. Ces mediums sont dans des bouteilles de verre mais je ne les ai pas utilisés depuis plus d’un an et les bouchons sont collés… Quels conseils dpourriez vous me donner pour les ouvrir?

    Avec mes sincères remerciements. Catherine de La Brose

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    • Amandine Gilles, le

      Bonjour, les conseils que je vais vous donner relèvent davantage des « trucs et astuces », donc sans aucune garantie de résultat. A essayer ! La première est de placer la bouteille à l’envers dans un fond d’eau chaude, le niveau d’eau à hauteur du goulot. La différence de température permet une dilatation. La 2e astuce est d’y aller par la force (si possible) avec l’aide d’un casse-noix par exemple… J’espère que cela résoudra le problème. Merci à vous !

  4. Jeanne, le

    Bonjour,
    Ce site est passionnant! Je pratique la peinture à l’huile depuis plusieurs années avec un artiste peintre qui ne nous parle pas de médiums.
    Il nous fait diluer nos couleurs dans de l’essence de térébenthine pure et propre pour la 1ère couche. Pour revenir en 2ème couche ( la semaine suivante ), nous utilisons l’émulsion de la séance précédente qui est devenue jaune et qui serait donc un mélange plus gras que le précédent. Je me questionne cependant : est-ce suffisant? C’est économique et simple car on ne s’embête pas avec les mélanges de médiums mais qu’en pensez-vous? Il nous fait vernir la toile environ un mois après avec un vernis définitif.
    Merci de votre réponse et bravo pour tous vos conseils précieux.

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    • Amandine Gilles, le

      Chez les peintres, certains sont artistes (créatifs), certains sont techniciens, et rares sont ceux qui parviennent à maîtriser les deux…
      Peindre uniquement avec de l’essence est possible, mais les couleurs perdent inévitablement leur éclat, leur brillance et leur onctuosité. Essayez un médium et vous constaterez toute de suite la différence ! A savoir que le dépôt jaunâtre qui se forme dans le fond du récipient contenant l’essence, n’est constitué que des impuretés présente dans l’essence industrielle… Au contraire, il vaudrait mieux les éviter plutôt que de peindre avec. Pour une essence sans impuretés, il existe l’essence de térébenthine rectifiée, elle est doublement distillée et est claire comme de l’eau de roche ! Mais il est vrai qu’elle est plus chère et ne se vend qu’en magasin de matériel artistique, pas aux magasins bricolage.
      Le vernis final ne doit pas s’appliquer avant au moins 6 mois, faute de quoi des craquelures peuvent apparaître. Le vernis à retoucher en revanche permet une protection durant ce laps de temps, lui peut être appliqué dès que la surface est dure au toucher.
      Merci à vous !

    • Jeanne, le

      Merci beaucoup pour toutes ces précisions et pour votre réponse rapide…Je vais en tenir compte. En effet, c’est difficile de trouver un professeur qui corresponde vraiment à ses attentes.
      Bien cordialement.

  5. Pin, le

    Bonjour Madame Gilles,
    J’ai commencée une peinture à l’huile sur bois. Je suis le processus du maigre jusqu’au gras; cependant j’observe que ma deuxième couche, qui est composée de peinture grasse et de médium à peindre, sèche de façon opaque éliminant toute brillance sans que je puisse comprendre le phénomène. Auriez vous une idée du problème ? et avez vous une solution ? merci d’avance.

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    • Amandine Gilles, le

      Bonjour, la matité s’obtient soit lorsque le support est trop absorbant (ne reste alors en surface quasiment que le pigment), soit lorsque la pâte picturale est trop maigre (trop diluée à l’essence). Si vous avez peint directement sur le bois sans préparation préalable, alors c’est le premier cas dont il est ici question. L’unique solution est d’appliquer plusieurs couches de vernis brillant mais sans garantie de résultat (puisque celui-ci aussi peut être absorbé).
      Merci à vous. Cordialement

  6. David, le

    Bonjour, je voulais savoir si j’utilise uniquement l’huile de lin sans la melanger a de l’essence de terebantine si cela aura une grande influence sur la peinture?

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    • Amandine Gilles, le

      Bonjour, l’huile de lin de part sa couleur naturelle a tendance à jaunir quelque peu les teintes sur le long terme. De plus attention de ne pas rendre la peinture trop grasse, car elle pourrait mettre très très longtemps à se durcir.

  7. sy, le

    Bonjour Amandine,
    quels sont les risques dans le temps d’utiliser ce procédé . mélande de pigment avec une part de polyacétate de vinyle et une part de colle de peau à chaud.
    .
    Merci par avance pourlal réponse
    sy

    Répondre
    • Amandine Gilles, le

      Bonjour, ces colles n’étant pas compatibles entre elles, le risque est qu’elles perdent leur fonction, qu’elles ne collent plus à priori…

  8. LEPINE Philippe, le

    Bonjour
    Je souhaiterais obtenir un petit renseignement Je réalise des tableaux acrylique depuis plusieurs années et je souhaiterais réaliser une finition d’un tableau qui me tient à coeur ce jour par peinture Cobra, en appliquant un medium COBRA pour glacis avec une petite touche de peinture cobra ombre naturelle
    Est il necessaire de réaliser plusieurs couches de ce medium pour donner de la profondeur
    Poncage (de quel type?) apres sechage avant adjonction d’une couche supplementaire ?
    J’ai jusqu’ à present réaliser des finitions de superbes qualités avec des vernis à viellir et à craqueler + patine , mais je souhaite changer
    Merci par avance pour votre precieuse aide
    Tres cordialement
    Philippe – Strasbourg

    Répondre
    • Amandine Gilles, le

      Bonjour Philippe, les glacis peuvent se superposer autant de fois que vous le désirez du moment que le délai de durcissement est respecté, aucun ponçage n’est à prévoir. Il s’agit ici de la technique des glacis et non de la laque. La profondeur d’une peinture s’obtient en effet par ces glacis, plus il sont nombreux, plus l’effet de profondeur augmente. J’espère avoir répondu à toutes vos questions. Merci à vous !

    • LEPINE Philippe, le

      Merci beaucoup Amandine J’ai bien pris note du conseil ..
      J’ai lu avec grande attention tous les commentaires du forum et c’est tres precieux ! Merci encore de pouvoir accorder un peu de temps pour répondre
      Je respecte bien la règle « du gras sur maigre  » mais je n’etais pas sur que « gras sur gras » soit possible 🙂
      Le glacis réalisé est d’une couche tres mince donc je pense que le délai de durcissement doit etre assez court
      Merci encore
      Cordialement
      Philippe

  9. cendrine, le

    Bonjour,

    (et merci de prendre le temps de répondre à toutes ces questions!) dans mon dernier tableau j’ai utilisé en très grande quantité (120 ml pour une toile de 60×40 en 7/8 couches assez fines) le medium Turner de Sennelier, qui est un vernis à peindre. J’avais donc plus de medium que de pigments sur le pinceau (mais j’ai essayé de respecter la rè. Est-ce que j’ai fait une erreur, ou peut-on employer en grande quantité les médiums?

    Merci

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    • Amandine Gilles, le

      Bonjour, votre procédé ne contient pas d’erreur du moment que chaque couche a eu le temps de durcir avant d’être recouverte d’une nouvelle. Merci à vous

  10. Pehlivan, le

    Bonjour voila j ai été etudiant en art mais j’ai jamais fais de peinture a l huile et j ai recue de l essence de térébentine rectifiée et de l’huile de lin mais je ne sais pas du tout a quoi ils servent pouvez vous m’en informez plus la dessue svp .

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    • Amandine Gilles, le

      Bonjour, l’essence de térébenthine est un diluant, en plus de rendre la peinture à l’huile plus liquide, il permet aussi de nettoyer ses pinceaux. L’essence amaigrit la peinture. L’huile en revanche est le liant, il augmente le gras, ce qui augmentera la brillance, la fluidité et la transparence. Mais ces deux produits ne doivent pas être ajoutés en trop grande quantité à la peinture car l’un amaigrit trop et « casse » la qualité de la couleur, l’autre est si gras qu’il empêchera le séchage. Voici un article qui explique davantage : http://techniquedepeinture.com/appliquer-gras-maigre-peinture-huile/

  11. sy, le

    Bonjour Amandine,

    J’aime bien analyser les différents procédés pour peindre et obtenir des effets spécifiques. Pouvez-vous me donner votre commentaire technique sur la peinture de Jeff KOWATCH.
    Merci
    Syl

    Répondre
    • Amandine Gilles, le

      Bonjour, Jeff Kowatch a une excellente technique. Il réalise lui-même ses supports de manière traditionnelle (encollages + gesso sur toile), offrant alors la résistance, l’uniformité et la pérennité nécessaire à une oeuvre. L’aspect flou de ses peintures est obtenu par de nombreuses couches de glacis à l’huile superposées. Vraisemblablement il attendrait que chaque couche durcit pour pouvoir la poncer et lui superposer une nouvelle couche, qui sera poncée également. Ce processus est très bon puisque non seulement le support est résistant, de plus la couche picturale procède à un durcissement naturel et sans complication. L’oeuvre est donc de qualité. Cordialement

  12. Alice Odilon de Soames, le

    Bonjour,
    Tous ces éléments sont fort intéressants. Il semblerait que pour accomplir une oeuvre peinte, il faudrait 4 médiums successifs, à concentration différente. pourriez-vous me donner ces formules SVP. Bien à vous.

    Répondre
    • Amandine Gilles, le

      Bonjour, les recettes sont innombrables car elles peuvent être adaptées à chaque artiste, tout comme il existe autant de variantes d’une recette de cuisine qu’il existe de cuisiniers. Il n’est pas non plus nécessaire d’être chimiste pour être peintre, c’est surtout le processus qui doit être compris. Et afin d’éviter le sabotage mieux vaut se simplifier la tâche. C’est pourquoi un seul médium peut être suffisant. Mieux vaut donc commencer par peindre maigre (environ 20% de médium, 80% d’essence), puis augmenter la proportion au fur et à mesure des couches. Les glacis peuvent être réalisés avec un mélange de 70% de médium et 30% d’essence par exemple.
      Cordialement

  13. Jean-Marc GILLES, le

    Bonjour Amandine,
    Passionné de dessin depuis toujours, je me suis mis depuis peu à la peinture à l ‘huile pour accompagner ma fille (8 ans) dans ses débuts artistiques. Mais comme beaucoup de débutant nous n’avons malheureusement pas fait le tour de la question avant de commencer nos premier tableaux. Notamment en ce qui concerne médiums que je pensais, à tord, ne pas être si importants avant de découvrir votre site et vos précieux conseils.
    Les médiums à base de résine améliorent t-il significativement la durée de vie d’une œuvre? Une peinture réalisée sans médium risque t-elle de se dégrader rapidement ?
    Vous comprendrez que je voudrais conserver le plus longtemps possibles les premières œuvre réalisées par ma fille et c’est pour cela que je souhaiterais être rassuré, ou du moins informé, sur la tenu dans le temps de la peinture pure.
    Par ailleurs, au delà de l’aspect esthétique, la qualité de la peinture (prix) utilisée a t-il un effet sur la durée dans le temps?

    En vous remerciant d’avance,
    Cordialement,
    JM.GILLES

    Répondre
    • Amandine Gilles, le

      Bonjour, les médiums rallongent effectivement la durée de vie de l’oeuvre grâce à la résine qui protège le pigment. De nos jours les couleurs proposées par les fabricants sont de très bonnes qualités, notamment les extra-fines (gammes professionnelles) qui sont prévues pour résister environ 150 ans ! Alors cette qualité ajoutée à une bonne utilisation des médiums rallongent ce délai. Les gammes inférieures telles que les fines ou Etudes résisteront moins car leur concentration pigmentaire est plus faible, donc l’intensité des teintes diminueront avec le temps, surtout en contact avec les rayons du soleil.
      Ce qu’il faut retenir, c’est que non l’emploi des médiums n’est ni obligatoire ni indispensable. Certes, il permet une meilleure conservation dans le temps (au delà d’une vie) et un meilleur rendu (plus de brillance, de profondeur et d’intensité), mais son emploi dépend avant tout de votre ambition ou de vos exigences. Si c’est simplement une activité de loisir, ce qu’on peut appeler « la peinture du dimanche », alors les couleurs seules (+ solvant en guise de diluant) suffisent.
      Merci à vous
      Cordialement

  14. Bouchard, le

    Bonjour Amandine, je viens de découvrir votre site. Je suis Hugues 42 ans, je vis au Québec. La peinture à l’huile est ma passions ans la vie. J’aime faire des copies de tableaux. J’aime les techniques traditionnelles surtout les peintres flamands du 17e . J’ai de la difficulté à trouver un médium comme l’époque du style Rubens. Beaucoup de restaurateurs disent de ne pas utiliser de la résine, et surtout pas le médium Maroger, mais la National Gallery de Londre à détecté de la résine de pin dans les peinture de Vandick, Rubens… Je ne sais plus quel médium utiliser pour donnez de bon résultats. Quand ma peinture sèche elle devient terne, mon huile est absorbé. J’essaie d’observer les Conseils de Jean Baptiste Oudry, mais il manque des détails. Que pouvez vous me conseiller comme médium, j’aime fabriquer le moi même, car je veux savoir les produits que j’emploi. J’aimerais aussi utiliser des produits naturelles comme à l’époque. Merci, D’avance. Hugues Bouchard

    Répondre
    • Amandine Gilles, le

      Bonjour Hugues, je vous conseille d’utiliser alors le médium flamand, il est vendu en tube car il se présente sous forme de gel. Les couleurs deviennent alors plus brillantes et plus transparentes. Son diluant est l’essence de térébenthine. C’est celui qui se rapproche le plus du medium Maroger d’autrefois.
      Sinon, à base de résine de pin, vous avez la térébenthine de Venise. C’est une résine très epaisse qui se dilue aussi à la térébenthine. Les couleurs deviennent alors très brillantes, les couleurs sont renforcées mais aussi très grasses, mieux vaut donc l’utiliser en dernière couche.
      Bonne journée à vous !

  15. Jean-Pierre Brazs, le

    Bonjour,
    Votre article est une bonne introduction à la question du médium qui est vraiment au cœur de la problématique des techniques à l’huile. On pourrait écrire l’histoire des techniques à l’huile sous l’angle des médiums utilisés (ou non utilisés).
    Je me permets d’ajouter quelques points qui me semblent importants.
    Le médium permet de modifier le liant dans le but d’obtenir des effets particuliers de mat ou de brillant, mais aussi des effets de texture et d’empâtement. Dans certains cas où il modifie fortement la thixotropie de la pâte picturale. ( la thixotropie définissant la qualité de certains corps de passer, par une simple agitation, de l’état de gel très épais qui ne coule pas à un état fluide, puis de retourner à l’état initial dès que cesse la manipulation)

    Pour faire très schématique on peut dire qu’un médium de base de type « flamand » contient de l’huile et une résine en solution et que des modifications peuvent être apportées par des charges : de la cire et charges diverses. Ce sont les médiums de type « vénitiens ».

    S’il fallait classer les médiums nous aurions
    1. Médiums de base huile / résine
    Le choix des huiles (crue, cuite, cuite au plomb) et des résines (damar ou mastic par exemple), ainsi que les dosages huile résine permettent de jouer sur la souplesse, le tirant et la thixotropie.
    2. Médiums chargés
    On peut ensuite ajouter une charge inerte à ces médiums de base: par exemple du blanc de Meudon, du kaolin, du talc, et aujourd’hui de la silice colloïdale, qui jouent chacun un rôle particulier.
    3. Médiums à la cire
    On peut considérer la cire comme une charge très particulière qui peut être ajoutée à chacun des médiums de base.
    4. Médiums à l’œuf
    Le jaune d’œuf qui est une émulsion est associé au médium, mais l’huile et la résine restent les composants principaux
    5. Les émulsions
    On ne peut pas séparer la question des médiums de celles des émulsions. Les émulsions « huile dans l’eau » s’épaississent par ajout progressif d’huile, elles se liquéfient par ajout d’eau et se diluent à l’eau.
    Les émulsions « eau dans l’huile » s’épaississent par ajout d’eau, se liquéfient par ajout d’huile et se diluent à l’essence. Leur formulation nécessite d’utiliser des agents mouillants spécifiques.
    Dans la pratique on ajoute à un médium une colle à l’eau (par exemple du liant cellulosique ou de la colle de caséine).
    Les émulsions peuvent à leur tour être chargées.

    Les variantes possibles sont infinies (de mon côté j’ai mis au point 16 émulsions et médiums à partir desquels de nombreuses variantes peuvent être imaginées).
    Le champ expérimentation est très large surtout si on conjugue les principes des médiums anciens et certains matériaux nouveaux (je pense par exemple aux composés cellulosiques et à la silice colloïdale)
    Il est important que chaque artiste puisse mettre au point son propre médium.
    Bien cordialement
    Jean-Pierre Brazs
    Auteur de « Manières de peindre, carnets d’atelier ».

    Répondre
    • Amandine Gilles, le

      Bonjour M. Brazs et merci pour votre commentaire fort intéressant! En effet, la question des médiums pour l’huile est un sujet vaste et complexe. Vos informations sont bien utiles.

    • Pierre, le

      Bonjour Monsieur Brazs,
      Cela fait une vingtaine d’années que je réfléchis à cette question du médium. J’en suis arrivé à la conclusion qu’il fallait mieux utiliser de l’huile cuite (si possible avec litharge, c’est-à-dire de l’huile noire) que de l’huile crue. Toutefois, j’ai un doute : il semblerait que l’huile cuite, qui est plus siccative, jaunisse également davantage que l’huile crue. Je ne parle pas de l’huile de lin polymérisée, qui semble posséder, à cet égard, des propriétés particulières, mais de l’huile de lin décolorée ou de l’huile de noix. J’aimerais donc bien cuire mon huile de lin ou mon huile de noix mais je crains que cette cuisson ne leur fasse perdre leurs propriétés et qu’elle contribue à jaunir les bleus et les blancs dans la durée. Cela serait particulièrement dommageable pour l’huile de noix qui a la propriété de moins jaunir que l’huile de lin (même lorsque celle-ci est décolorée ou clarifiée). Qu’en pensez-vous ? Qu’a-t-on le droit de faire ou de ne pas faire ? Je précise que je souhaite me fabriquer un médium universel (sans plomb car on ne trouve plus de litharge, malheureusement) naturellement siccatif (mais sans ajout de siccatif proprement dit), non jaunissant dans le temps et donnant à l’œuvre, en siccativant, un aspect émaillé. Je sais que l’emploi d’une résine, comme la gomme dammar, la gomme de mastic ou la résine de copal (l’ambre dissoute de Blockx est beaucoup trop cher) m’aiderait à atteindre cet aspect émaillé. Je sais aussi qu’une faible dose de térébenthine de Venise ainsi qu’une proportion de standolie (ou huile de lin polymérisée) peuvent être bénéfiques au but que je poursuis. Mais quid de l’huile de noix ou de l’huile de lin ? Doit-on la faire cuire ou vaut-il mieux l’utiliser crue ? J’insiste bien sur l’origine du dilemme : je souhaite me fabriquer un médium non jaunissant qui soit néanmoins relativement siccatif et qui permette d’atteindre cet aspect émaillé. Je vous remercie par avance de votre réponse. Bien cordialement.

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