Les médiums pour peinture à l’huile : Explications et utilisation

Il existe une très grande quantité de produits associés à la peinture à l’huile, tels que les huiles bien évidemment, les médiums, les siccatifs ainsi que les solvants. Et bien souvent il est difficile d’obtenir des explications claires et précises quant à leurs utilisations et leurs descriptions. Voici quelques informations de base :

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 Qu’est-ce qu’un médium à peindre?

L’emploi d’un médium n’est pas obligatoire, l’utilisation de la peinture directement sortie du tube peut être efficace si elle est de qualité, bien entendu. Pour preuve les peintures de Van Gogh, celui-ci n’utilisait pas d’additifs et ses toiles sont encore très bien conservées aujourd’hui. La raison à ce très bon état de conservation est due à sa technique alla prima qui a permis un durcissement homogène et régulier. Toutefois, si vous peignez de manière plus traditionnelle, c’est-à-dire en plusieurs couches, il est fortement recommandé d’utiliser un médium.

Pourquoi cela ? Diluer sa peinture avec de l’essence (térébenthine ou White spirit) c’est l’appauvrir. La couleur va perdre de son éclat et de sa brillance du fait de la dispersion des pigments. Alors qu’au contraire le médium en augmente la qualité grâce notamment à la résine qu’il contient. Voici ses rôles :

  • Faciliter le travail de précision en fluidifiant la pâte.
  • Réguler le durcissement de la pâte, par conséquent éviter les craquelures.
  • Protéger les pigments en les enrobant avec de la résine, et donc favoriser une meilleure conservation.
Médium à peindre
Médium à peindre

Auparavant les peintres fabriquaient eux-même ces additifs au sein de leur atelier, aujourd’hui le monde moderne a ses avantages puisqu’ils sont déjà proposés prêts-à-l’emploi dans de bonnes qualités. Certains sont liquides à utiliser dans un godet, d’autres sont en gel à déposer sur la palette.

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Médium à peindre

Comme il est expliqué dans la vidéo, les « médiums à peindre » basiques sont fabriqués à partir de résine qui permettent d’augmenter la brillance des couleurs à l’huile, les fluidifier et les rendre plus transparentes. Ils améliorent la qualité de la peinture en exploitant son potentiel.

Comment utiliser un médium?

Les couleurs pures à l’intérieur des tubes ne sont composées que de pigments et d’huile siccative, la peinture est donc grasse et difficile à utiliser surtout pour le travail en couche fine et précise. En plus de faciliter l’application des couleurs, le médium va les embellir. Il se mélange directement aux couleurs sur la palette ou sur le support, dans des proportions à adapter selon l’effet désiré. Pour fluidifier le médium, il suffit de le diluer avec de l’essence de térébenthine. Plus la proportion de médium dans l’essence est grande, plus gras sera le mélange. Attention, car trop dilué les couleurs deviendront ternes et cassantes.

Bon à savoir !

L’utilisation d’un quelconque médium ne doit pas déroger à la règle du gras sur maigre! C’est chimique, il faut toujours que la couche supérieure soit plus grasse que la précédente. C’est la proportion essence/huile qui détermine si un produit est gras ou maigre. Si vous peignez en plusieurs couches, commencez par un « jus » fortement dilué à l’essence par exemple, puis superposez en diminuant la proportion à chaque fois. Les couches supérieures sont peintes avec le médium pur.

Comme le disait feu le site Dotapea : Travailler maigre au début permet d’éviter un « marécage oléagineux » par la suite !

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13 thoughts on “Les médiums pour peinture à l’huile : Explications et utilisation

  1. Bonjour voila j ai été etudiant en art mais j’ai jamais fais de peinture a l huile et j ai recue de l essence de térébentine rectifiée et de l’huile de lin mais je ne sais pas du tout a quoi ils servent pouvez vous m’en informez plus la dessue svp .

    1. Bonjour, l’essence de térébenthine est un diluant, en plus de rendre la peinture à l’huile plus liquide, il permet aussi de nettoyer ses pinceaux. L’essence amaigrit la peinture. L’huile en revanche est le liant, il augmente le gras, ce qui augmentera la brillance, la fluidité et la transparence. Mais ces deux produits ne doivent pas être ajoutés en trop grande quantité à la peinture car l’un amaigrit trop et « casse » la qualité de la couleur, l’autre est si gras qu’il empêchera le séchage. Voici un article qui explique davantage : http://techniquedepeinture.com/appliquer-gras-maigre-peinture-huile/

  2. Bonjour Amandine,

    J’aime bien analyser les différents procédés pour peindre et obtenir des effets spécifiques. Pouvez-vous me donner votre commentaire technique sur la peinture de Jeff KOWATCH.
    Merci
    Syl

    1. Bonjour, Jeff Kowatch a une excellente technique. Il réalise lui-même ses supports de manière traditionnelle (encollages + gesso sur toile), offrant alors la résistance, l’uniformité et la pérennité nécessaire à une oeuvre. L’aspect flou de ses peintures est obtenu par de nombreuses couches de glacis à l’huile superposées. Vraisemblablement il attendrait que chaque couche durcit pour pouvoir la poncer et lui superposer une nouvelle couche, qui sera poncée également. Ce processus est très bon puisque non seulement le support est résistant, de plus la couche picturale procède à un durcissement naturel et sans complication. L’oeuvre est donc de qualité. Cordialement

  3. Bonjour,
    Tous ces éléments sont fort intéressants. Il semblerait que pour accomplir une oeuvre peinte, il faudrait 4 médiums successifs, à concentration différente. pourriez-vous me donner ces formules SVP. Bien à vous.

    1. Bonjour, les recettes sont innombrables car elles peuvent être adaptées à chaque artiste, tout comme il existe autant de variantes d’une recette de cuisine qu’il existe de cuisiniers. Il n’est pas non plus nécessaire d’être chimiste pour être peintre, c’est surtout le processus qui doit être compris. Et afin d’éviter le sabotage mieux vaut se simplifier la tâche. C’est pourquoi un seul médium peut être suffisant. Mieux vaut donc commencer par peindre maigre (environ 20% de médium, 80% d’essence), puis augmenter la proportion au fur et à mesure des couches. Les glacis peuvent être réalisés avec un mélange de 70% de médium et 30% d’essence par exemple.
      Cordialement

  4. Bonjour Amandine,
    Passionné de dessin depuis toujours, je me suis mis depuis peu à la peinture à l ‘huile pour accompagner ma fille (8 ans) dans ses débuts artistiques. Mais comme beaucoup de débutant nous n’avons malheureusement pas fait le tour de la question avant de commencer nos premier tableaux. Notamment en ce qui concerne médiums que je pensais, à tord, ne pas être si importants avant de découvrir votre site et vos précieux conseils.
    Les médiums à base de résine améliorent t-il significativement la durée de vie d’une œuvre? Une peinture réalisée sans médium risque t-elle de se dégrader rapidement ?
    Vous comprendrez que je voudrais conserver le plus longtemps possibles les premières œuvre réalisées par ma fille et c’est pour cela que je souhaiterais être rassuré, ou du moins informé, sur la tenu dans le temps de la peinture pure.
    Par ailleurs, au delà de l’aspect esthétique, la qualité de la peinture (prix) utilisée a t-il un effet sur la durée dans le temps?

    En vous remerciant d’avance,
    Cordialement,
    JM.GILLES

    1. Bonjour, les médiums rallongent effectivement la durée de vie de l’oeuvre grâce à la résine qui protège le pigment. De nos jours les couleurs proposées par les fabricants sont de très bonnes qualités, notamment les extra-fines (gammes professionnelles) qui sont prévues pour résister environ 150 ans ! Alors cette qualité ajoutée à une bonne utilisation des médiums rallongent ce délai. Les gammes inférieures telles que les fines ou Etudes résisteront moins car leur concentration pigmentaire est plus faible, donc l’intensité des teintes diminueront avec le temps, surtout en contact avec les rayons du soleil.
      Ce qu’il faut retenir, c’est que non l’emploi des médiums n’est ni obligatoire ni indispensable. Certes, il permet une meilleure conservation dans le temps (au delà d’une vie) et un meilleur rendu (plus de brillance, de profondeur et d’intensité), mais son emploi dépend avant tout de votre ambition ou de vos exigences. Si c’est simplement une activité de loisir, ce qu’on peut appeler « la peinture du dimanche », alors les couleurs seules (+ solvant en guise de diluant) suffisent.
      Merci à vous
      Cordialement

  5. Bonjour Amandine, je viens de découvrir votre site. Je suis Hugues 42 ans, je vis au Québec. La peinture à l’huile est ma passions ans la vie. J’aime faire des copies de tableaux. J’aime les techniques traditionnelles surtout les peintres flamands du 17e . J’ai de la difficulté à trouver un médium comme l’époque du style Rubens. Beaucoup de restaurateurs disent de ne pas utiliser de la résine, et surtout pas le médium Maroger, mais la National Gallery de Londre à détecté de la résine de pin dans les peinture de Vandick, Rubens… Je ne sais plus quel médium utiliser pour donnez de bon résultats. Quand ma peinture sèche elle devient terne, mon huile est absorbé. J’essaie d’observer les Conseils de Jean Baptiste Oudry, mais il manque des détails. Que pouvez vous me conseiller comme médium, j’aime fabriquer le moi même, car je veux savoir les produits que j’emploi. J’aimerais aussi utiliser des produits naturelles comme à l’époque. Merci, D’avance. Hugues Bouchard

    1. Bonjour Hugues, je vous conseille d’utiliser alors le médium flamand, il est vendu en tube car il se présente sous forme de gel. Les couleurs deviennent alors plus brillantes et plus transparentes. Son diluant est l’essence de térébenthine. C’est celui qui se rapproche le plus du medium Maroger d’autrefois.
      Sinon, à base de résine de pin, vous avez la térébenthine de Venise. C’est une résine très epaisse qui se dilue aussi à la térébenthine. Les couleurs deviennent alors très brillantes, les couleurs sont renforcées mais aussi très grasses, mieux vaut donc l’utiliser en dernière couche.
      Bonne journée à vous !

  6. Bonjour,
    Votre article est une bonne introduction à la question du médium qui est vraiment au cœur de la problématique des techniques à l’huile. On pourrait écrire l’histoire des techniques à l’huile sous l’angle des médiums utilisés (ou non utilisés).
    Je me permets d’ajouter quelques points qui me semblent importants.
    Le médium permet de modifier le liant dans le but d’obtenir des effets particuliers de mat ou de brillant, mais aussi des effets de texture et d’empâtement. Dans certains cas où il modifie fortement la thixotropie de la pâte picturale. ( la thixotropie définissant la qualité de certains corps de passer, par une simple agitation, de l’état de gel très épais qui ne coule pas à un état fluide, puis de retourner à l’état initial dès que cesse la manipulation)

    Pour faire très schématique on peut dire qu’un médium de base de type « flamand » contient de l’huile et une résine en solution et que des modifications peuvent être apportées par des charges : de la cire et charges diverses. Ce sont les médiums de type « vénitiens ».

    S’il fallait classer les médiums nous aurions
    1. Médiums de base huile / résine
    Le choix des huiles (crue, cuite, cuite au plomb) et des résines (damar ou mastic par exemple), ainsi que les dosages huile résine permettent de jouer sur la souplesse, le tirant et la thixotropie.
    2. Médiums chargés
    On peut ensuite ajouter une charge inerte à ces médiums de base: par exemple du blanc de Meudon, du kaolin, du talc, et aujourd’hui de la silice colloïdale, qui jouent chacun un rôle particulier.
    3. Médiums à la cire
    On peut considérer la cire comme une charge très particulière qui peut être ajoutée à chacun des médiums de base.
    4. Médiums à l’œuf
    Le jaune d’œuf qui est une émulsion est associé au médium, mais l’huile et la résine restent les composants principaux
    5. Les émulsions
    On ne peut pas séparer la question des médiums de celles des émulsions. Les émulsions « huile dans l’eau » s’épaississent par ajout progressif d’huile, elles se liquéfient par ajout d’eau et se diluent à l’eau.
    Les émulsions « eau dans l’huile » s’épaississent par ajout d’eau, se liquéfient par ajout d’huile et se diluent à l’essence. Leur formulation nécessite d’utiliser des agents mouillants spécifiques.
    Dans la pratique on ajoute à un médium une colle à l’eau (par exemple du liant cellulosique ou de la colle de caséine).
    Les émulsions peuvent à leur tour être chargées.

    Les variantes possibles sont infinies (de mon côté j’ai mis au point 16 émulsions et médiums à partir desquels de nombreuses variantes peuvent être imaginées).
    Le champ expérimentation est très large surtout si on conjugue les principes des médiums anciens et certains matériaux nouveaux (je pense par exemple aux composés cellulosiques et à la silice colloïdale)
    Il est important que chaque artiste puisse mettre au point son propre médium.
    Bien cordialement
    Jean-Pierre Brazs
    Auteur de « Manières de peindre, carnets d’atelier ».

    1. Bonjour M. Brazs et merci pour votre commentaire fort intéressant! En effet, la question des médiums pour l’huile est un sujet vaste et complexe. Vos informations sont bien utiles.

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