Bien préparer son support avant de peindre

Vouloir peindre c’est bien, mais sur un bon support c’est mieux!

Pour une meilleure conservation, pour un résultat de qualité et aussi pour ne pas avoir de mauvaises surprises lors du processus de création, mieux vaut avoir bien préparé son support avant tout. Pourquoi?? C’est simple, certains matériaux vont être trop absorbants, trop fragiles, trop sensibles et donc cet état favorisera les craquelures, les changements de tons, les moisissures etc…

Comment préparer son support? 2 étapes sont nécessaires :

La 1ere étape hautement indispensable est : L’encollage!Il uniformise le support, permet une bonne accroche des couches suivantes (enduit ou peinture) et sert d’enveloppe hermétique contre les attaques extérieures (l’humidité, les bactéries, la déformation naturelle et donc empêche les craquelures, les moisissures, etc…) Et ceci est valable pour une très grande majorité des supports (panneau de bois, toile, carton, papier marouflé,etc…)

La 2eme étape importante mais pas obligatoire est : L’enduction! L’enduit est appliqué sur l’encollage sec. Il est couvrant et permet d’uniformiser la surface à peindre. Le liant utilisé pour l’enduction et souvent identique à celui utilisé pour l’encollage. Selon l’effet recherché, il est possible de lui créer un effet de texture par exemple.

Voici une vidéo relatant ces informations :

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Quelques petites choses à savoir avant de commencer ! :

– Les toiles sur châssis disponibles en commerce sont prêtes-à-l’emploi, c’est pour cela qu’elles sont blanches, l’enduit étant déjà appliqué. Si vous utilisez ces produits, alors vous n’avez rien d’indispensable à faire… 🙂

– Grosso modo, une préparation « maigre » est composée de matériaux maigres, en général se diluant à l’eau (colle de peau, caséine, acrylique, vinylique, etc…). Quant à la préparation « grasse », elle est composée avec une petite proportion d’huile. Elle est plus solide et résistante que la préparation maigre mais étant donné la présence de l’huile, elle peut avoir tendance à jaunir et est très longue à sécher, d’autant plus qu’on ne peut que peindre gras sur cette préparation, toujours dans le respect du fameux « gras sur maigre ». 

– La force ou la puissance d’une colle est appelée le « tirant », elle est déterminée selon la proportion eau/colle lors de sa fabrication.

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– Il existe plusieurs produits de mise en oeuvre pour préparer son support : Les préparations modernes (acrylique, vinylique, Caparol, etc…), et les préparations traditionnelles à base de produits naturels (colle de peau de lapin, de poisson, caséine, etc…). Dans cet article nous n’allons parler que du liant acrylique et de la colle de peau, sinon l’article serait beaucoup trop long et complexe et cela assurerait une perte des visiteurs au fur et à mesure de la lecture…. 🙁 En attendant que je complète avec de nouveaux articles sur ce sujet, je vous conseille le livre de Jean-Pierre Brasz Manières de peindre : Carnets d’atelier. Il est complet et très bien expliqué étape par étape.

Préparation moderne (La plus facile et rapide)

L’encollage

Le matériau magique : le liant acrylique! Vous le trouverez aisément dans le commerce dans de multiples marques, sous les noms également de binder ou bindex. Plusieurs quantités vous seront proposées allant jusqu’à 5l. 

Liants acryliques de différentes marques
Liants acryliques de différentes marques

Le liant acrylique est composé de résine soluble dans l’eau mais irréversible une fois sec, il est très résistant. Il suffit juste de lui rajouter quelques volumes d’eau afin de le fluidifier et il s’applique sur n’importe quel support! Ce produit moderne est idéal pour toute nouvelle création car il est simple d’utilisation, qualitatif et facilement accessible. A ne pas confondre avec les colles acryliques! Pour la préparation des supports, il est conseillé d’utiliser les liants et non les colles, car les liants sont testés par les fabricants pour leur comportement avec les pigments, ce qui n’est pas le cas des colles. Appliquez la préparation avec une large brosse, un spalter en soie de porc par exemple, sur les 2 côtés du support afin de le protéger complètement des attaques extérieures. Plusieurs couches peuvent être nécessaires. Cela minimisera les déformations physiques naturelles, comme la toile qui se détend et le bois qui se courbe.  Une fois le support « collé », il faut à présent l’enduire!

L’enduction

Pour fabriquer l’enduit, mélangez de la craie (ou du blanc de Meudon ou d’Espagne), du liant acrylique en volume égal, et de l’eau jusqu’à ce que vous obteniez la consistance souhaitée. Mieux vaut passer plusieurs couches fines plutôt qu’une seule épaisse. En général, deux couches sont suffisantes. Sinon, dans un souci pratique et de rapidité, utilisez donc du gesso. C’est un enduit déjà tout prêt, vendu dans tous les magasins de matériel artistique dans les même quantités que les liants acryliques (voir plus haut). C’est globalement un mélange de colle et de craie qui fait très bien l’affaire. Les qualités peuvent varier cependant.

Gesso de marque différente
Gesso de marque différente

Préparation traditionnelle (complexe mais authentique!)

L’encollage

La méthode principale est l’utilisation de la colle de peau de lapin (anciennement appelée colle Totin, nom de l’ancien fabricant).

Colle de peau en poudre, en grain et en plaque
Colle de peau en poudre, en grain et en plaque

Cette colle a une très bonne adhérence et une capacité à fixer les supports souples, tels que le papier et la toile. Elle ne jaunit pas et est réversible à l’eau. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle est utilisée pour la restauration d’œuvres d’art. Contrairement aux liants acryliques, la colle de peau supporte très difficilement l’humidité, elle est propice aux moisissures et a tendance à s’assouplir et donc à détendre le support souple, provoquant des dégâts irrémédiables pour la couche picturale. Il est donc préférable de peindre à l’huile sur une préparation comme celle-ci. 

Selon Xavier de Langlais  : « La sensibilité de la gélatine à l’humidité et sa coagulation rapide dès que la colle cesse d’être chaude sont les deux grands défauts de ce produit. »

Il existe également d’autres colles du même genre, comme la colle de parchemin ou la colle de poisson, mais ces dernières sont moins courantes, elles sont utilisées dans des cas bien particuliers. Tout d’abords, il faut laisser gonfler la colle de peau dans de l’eau froide pendant 24h dans un récipient propre et hermétique. Selon Jean-Pierre Brazs : Pour l’encollage d’une toile ou d’un panneau de bois : 70gr à 100gr de colle de peau pour 1 litre d’eau. Et pour l’encollage d’un papier : 40 à 60gr par litre. Ensuite faire chauffer au bain-marie seulement la quantité dont vous avez besoin. Il faut l’utiliser tiède car si elle est froide elle ne colle pas, et si elle a bouilli elle ne colle plus… Appliquez-là donc au spalter sur votre support et laisser sécher naturellement, et non pas face au radiateur, sous le soleil ou au sèche-cheveux… Vous pouvez conserver le surplus jusqu’à 5 jours, toujours dans un récipient hermétique. Cette technique est certes compliquée mais toutes ces précautions sont à respecter sinon les risques de pourrissement ou de moisissures pourraient intervenir.

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L’enduction

Pour un enduit maigre, mélangez en proportions égales : de la craie (blanc de Meudon ou d’Espagne), ou du blanc de lithopone ou de titane pour plus de luminosité, de l’eau puis de la colle de peau (70-100gr/litre). Soit en versant la charge dans la colle chaude, soit en versant la colle chaude sur la pâte eau/charge. Et attention, évitez la formation de bulles d’air! Mieux vaut que l’enduit soit fluide, il s’étalera mieux.

Pour un enduit gras, mélangez en proportion égale du blanc de lithopone (pour l’opacité), de l’eau, de la colle de peau et un 1/2 à 2/3 de volume d’huile de lin cuite. Mais attention, car une toile préparée ainsi ne peut pas être roulée (On ne devrait pas quoi qu’il en soit rouler les toiles), et dans le soucis du gras sur maigre, vous ne pouvez donc peindre que gras, à l’huile notamment.

A présent vous pouvez peindre sur n’importe quel support et une conservation de qualité sera favorisée!! Cependant si vous utilisez du bois, n’oubliez pas de le dégraisser avant de commencer quoi que ce soit, avec de l’essence minérale pour les bois neufs, de l’eau et du st. Marc pour les vieux bois. Dégraisser, nettoyer et encoller!!

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113 thoughts on “Bien préparer son support avant de peindre

  1. Merci beaucoup de m’avoir répondu si vite et de manière si éclairante. Le panneau en question fait 18 mm d’épaisseur, est-il indispensable de le renforcer ?
    Si oui, de quelle manière ? En outre, je compte réaliser une esquisse légère au brou de noix sur le support une fois bien sec, s’agissant d’une technique à l’eau
    cela ne risque-t- il pas de compromettre la bonne tenue de l’enduit ?
    J’espère ne pas trop abuser de votre temps en vous posant toutes ces questions.

    Encore merci, Cordialement.

    1. Bonjour, avec ses dimensions (161x123cm) votre panneau se courbera inévitablement si vous ne le renforcez pas au dos. A savoir qu’une épaisseur de 18mm peut résister à la torsion jusqu’à un format d’environ 90X70cm. Quant au renfort possible, nous rentrons dans le domaine du bricolage. Comme on le fait pour des panneaux de bois ordinaires, au dos vous pouvez coller des baguettes ou planches de manière à former un « Z » ou en parallèle à la diagonale.
      L’inconvénient à tout cela est le poids. Cette dimension plus les renforts pèsent très lourd…
      Le mieux alors et d’utiliser de fins panneaux de contre-plaqué et les coller à des châssis de même dimensions. Les mêmes que ceux utilisés pour les toiles. Ainsi pas de problème de courbure ni de surpoids !

  2. Bonjour, je me suis décider à enduire au gesso traditionnel un panneaux MDF de 161 cm x 123 cm.
    J’aurais voulu savoir approximativement la quantité nécessaire d’enduit à préparer afin de couvrir de plusieurs couches (recto/verso) une telle surface.

    Merci d’avance, Cordialement

    1. Bonjour, par expérience, pour couvrir une telle surface de plusieurs couches, prévoyez au moins 2L. Sachant que pour obtenir une surface d’un blanc opaque, 3 couches fines sont nécessaires. Je me permets également de rajouter qu’un renfort serait à prévoir au dos du panneau selon son épaisseur, car compte tenu de sa grande taille, il est fort probable qu’il se courbe.
      Merci à vous. Cordialement

  3. bonjour.
    J’ai préparé mes châssis, disposé la toile de lin brute, encollé celle-ci à la colle de peau de lapin et puis c’est tout pendant cinq ans ( 2004-2009)…
    de petits formats en plus grands ( 2m sur 2m), je n’ai jamais eu de problèmes.
    Et puis il y a eu ce jour ou tout a basculé. La méthode est restée la même; le résultat affligeant. Systématiquement, le tambour de la toile fraichement encollée fait place, lorsque la colle sèche, à une série de vaguelettes merveilleuses. Et c’est tout un travail qui tombe dans la désuétude.
    Aujourd’hui je peins sur de la gondole et c’est assez pittoresque.
    Chaque fois, j’essaie d’améliorer le processus de fabrication. Et cette fois-ci en l’occurence j’ai fais trempé la toile pendant 24 heures…
    Quelque chose ne se passe plus. Ou plutôt quelque chose se passe mais bon sang quoi????? .
    Je cherche depuis longtemps déjà et de bout de réponse en bout de réponse, chez les vendeurs, chez les artistes, je ne fais qu’additionner des informations qui compliquent plus qu’elles ne simplifient.
    Alors? Mauvais sort ou évidente erreur dans le processus?

    Merci mille fois

    1. Bonjour, si votre toile semble flottante malgré la tension sur le châssis et l’encollage, alors il se pourrait que cela provienne soit d’un taux d’humidité trop élevé dans votre environnement de travail, soit d’une colle trop souple (colle de peau trop diluée).
      Il faut veiller également à ce que la toile tendue respecte le droit fil (trame parallèle aux côtés du châssis).
      Je ne sais pas si je vous ai apporté des réponses, mais peut-être des pistes à suivre…
      Cordialement

    2. @ sonate :
      Avez vous trouvé le problème (et donc la parade) depuis ?
      Si c’est toujours gondolé vous devriez peut-être décrire
      chacune des étapes plus finement…

      Comme j’ai moi aussi des problèmes d’entoilage
      vous avez peut-être la solution…
      😉

      1. Bonjour,
        Nouvelle tentative de préparation d’une toile…
        Cette fois ci la toile a été agrafée ET clouée sur la tranche du châssis.
        La toile s’est distendue chaque fois qu’elle était encollée de colle de peau (chauffée à 38 / 39°C)
        mais s’est tendue en séchant et commençait à résonner comme une peau de tambour.
        Pour finir la toile a été imbibée d’une dose massive de colle.
        Humide, la toile gondolait… Après 2 ou 3 jours de séchage elle est très bien tendue :
        elle sonne quand on la touche même du bout des doigts !

        Pour l’étape suivante, peut-on faire une enduction au Gesso acrylique ?
        Ce serait mélanger technique traditionnelle et moderne…

        Merci d’avance.
        🙂

        1. Bonjour, la colle de peau est putrescible du fait de sa sensibilité à l’humidité. C’est pourquoi on préconise les enduits gras et peinture à l’huile.
          Si vous tenez à mélanger la technique traditionnelle et moderne, mieux vaut faire l’inverse dans ce cas. L’encollage et l’enduit à l’acrylique, puis peinture à la colle, à l’huile ou encore tempéra à l’oeuf.

  4. Je peins à l’huile « alla prima » en superposant différentes teintes.
    Est-ce que les fonds risquent de remonter avec le temps
    ou ce problème n’existe plus avec les peintures actuelles ?

    Merci.
    🙂

    1. Bonjour, contrairement à autrefois les peintures actuelles sont toutes miscibles entre elles. L’incompatibilité de certaines peintures notamment celles au plomb, ne sont plus en vigueur. Cependant, il se peut que des couleurs à la concentration pigmentaire faible (gammes studio ou fines), ou certaines teintes comme le blanc de zinc par exemple gagnent en transparence. Dans ces cas là, les fonds pourraient effectivement apparaître.
      Merci à vous

  5. Bonjour Amandine est avant tout un grand merci pour vos réponses efficaces et votre suivi. Vous méritez véritablement un grand grand MERCI.
    J’ai fait des peinture à l’encre acrylique sur des apprêts à l’acrylique ou vinyles sur toile préalablement enduite à la colle de peau ou au Caparol ou au Gesso additionné de Meudon et je ne trouve pas que l’encre adhère très bien. En frottant avec un chiffon elle finit par s’enlever sans trop de difficultés (elle tient tout de même assez correctement mais à long terme 50 ans / 100 ans….et plis encore ?)
    Je sais que tout dépend de l’utilisation que chacun fait des produits et que même en expliquant en détail il est parfois difficile de comprendre ce qui a pu se passer.
    Globalement je ne trouve pas que le comportement des produits et enduits et colles se comportent comme prévu même en ayant respecte scrupuleusement les conseils des experts (ce n’est pas une critique mais je cherche à comprendre)
    Je cherche à savoir si les colles, Gesso, Enduits et couleurs acryliques peuvent avoir des durées aussi longues que les colles de peau et couleurs à l’huile. J’ai lu que certains rencontrent des problèmes avec les acryliques (craquelures….)
    Enfin, je veux coller du cuir sur de la toile ou du bois. J’ai pensé à la colle de peau mais ne s’appliquant qu’en fine couche je ne suis pas certain que ce soit le meilleur choix. Ma préoccupation étant toujours de garantir une durabilité à très long terme. Quelle colle me recommanderiez-vous? Et plus généralement qu’elle colle pour des grosses épaisseurs d’enduit ou matière et/ou d’ajout de matières type cuir, tissus, objets…
    Desolé pour l’aspect multiple de ce message.
    Cordialement.
    Go.

    1. Bonjour, les enduits et colles ne se comportent pas comme prévu lorsqu’ils ne sont pas utilisés dans leur plein potentiel. Ce qui est souvent le cas puisqu’on a une tendance à complexifier ou faire erreur sur le processus.
      – La colle de peau étant très sensible à l’humidité, elle est a utiliser uniquement pour les techniques grasses (tempéra à l’oeuf ou peinture à l’huile)
      – Le Caparol est composé de résine vinylique, bien qu’elle soit semblable, mieux vaut ne pas la mélanger directement à la résine acrylique. Cela limite chimiquement les mauvaises conséquences.
      – Dans la fabrication des gessos, du blanc de titane doit être ajouté au blanc de meudon. Ce dernier crée la texture absorbante tandis que le titane crée la blancheur. Ils sont donc complémentaires.
      – Si votre gesso est inefficace (problème d’adhérence, mauvaise absorption ou jaunissement) c’est que les proportions des composants lors de sa fabrication ne sont pas les bonnes. Revoyez-les et rajouter de nouvelles couches sur votre support lorsque celui-ci est intégralement sec (même en profondeur, mieux vaut attendre plusieurs jours).
      – A savoir que les gessos du commerce font très bien l’affaire. Il est parfois inutile de prendre des risques lorsque ceux-ci ne sont pas maîtrisés.
      – Que ce soit les colles ou les enduits, ils s’appliquent en plusieurs couches fines. Pour les bois (véritables ou synthétiques comme le MDF par exemple), il faut prévoir entre 3 et 5 couches car ce matériau est très absorbant.

      Les craquelures et autres dégâts fâcheux surviennent lorsque les conditions ou règles n’ont pas été respectées. C’est physique et/ou chimique, on ne peut pas fermer les yeux la-dessus.
      Quant à la qualité et la résistance de l’acrylique, elle est indubitable. Comme dans tous les domaines, si l’élaboration est faite correctement et l’oeuvre conservée soigneusement, alors les risques sont hautement minimisés.
      De plus l’acrylique est très efficace et puissante, elle convient parfaitement pour coller toutes sortes de matériaux.

      Merci à vous
      Cordialement

    2. Etonnant que l’on puisse obtenir des craquelures avec de la peinture acrylique.
      Je n’ai aucune craquelure sur mes peintures « anciennes » (env. 25 ans).
      Elles étaient faites sans médiums spéciaux, sans croûtes très épaisses, sans apports d’autres matières.
      A moins d’avoir impérativement besoin d’une teinte spéciale,
      privilégier les pigments qui résistent le mieux à la lumière.

      Peut-être que les craquelures de certaines peintures acryliques
      proviennent d’un vernis « protecteur » ?

      1. Les craquelures sur une peinture acrylique proviennent bien souvent d’un support inadapté ou mal préparé. Tout simplement

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